Je trouve que le livre de George Sand possède beaucoup de points communs avec le film 500 days of Summer. Ce film raconte une histoire d'amour qui va durer 500 jours entre un jeune homme idéaliste nommé Tom qui croit en l'Amour et Summer, une fille désillusionnée. Ensemble ils vont passer par les différentes phases d'une relation amoureuse et en sortir grandi. On peut noter plusieurs ressemblances entre les deux oeuvres. D'abord, les deux intrigues tournent autour d'un garçon qui veut laisser vivre son amour et qui ne peut pas pour une raison très simple, sa partenaire et lui n'ont pas la même vision de l'Amour. Dans le film, lui croit dans un amour idéal, à la sauce Disney, et elle pense que ça n'existe tout simplement pas, elle n'est pas sur d'éprouver la même chose. Dans Mauprat, le protagoniste est dévoré par sa passion mais sa bien-aimée ne veut pas la laisser s'exprimer car elle n'éprouve pas la même chose. On voit donc ici un sorte de "quiproquo de l'amour", pour régler ce problème il est peut-être plus simple de, dès le départ, en parler et comprendre la vision de son partenaire et s'y adapter. Favoriser des désirs impossibles ne peut que rendre malheureux. En fait, dans les deux oeuvres, on pourrait croire que la seule source de tristesse se situe dans l'incertitude. Bernard ne sait pas si sa promise l'aime et pareil pour Tom. Pourtant si ils avaient écoutés ce qu'elles leur disaient ils auraient su quoi faire. Edmée explique clairement à Bernad pourquoi ils ne peuvent pas s'engager maintenant et Summer explique dès le début qu'elle voit cela comme une amitié agrandie. Donc en fait leur seul problème est la communication. Ces deux oeuvres nous appelent à laisser de côté nos pulsions de passions pour mieux s'écouter.
Ce livre nous emmène à travers pleins de genre différents pour une seule et même histoire. D'abord nous avons un récit assez normal de brigands puis nous sommes plongés dans une histoire d'amour, puis nous sommes confrontés à un enseignement philosophique lors du passage du personnage aux Amériques. Ensuite nous avons un récit policier pour trouver où est Jean Mauprat et enfin nous avons un récit tragique avec l'arrestation de Bernard. George Sand publie donc un ouvrage incroyable où elle mèle plein de genres différent pour raconter l'évolution de la relation entre Bernard et Edmée. On peut suivre l'évolution philosophique de Bernard qui s'assagit, remet en question sa façon de laisser exprimer sa passion et se valorise puis se dévalorise en fonctiond des différents évènements tout au long du roman. Intéressons-nous à ce dernier point, il a une très bonne vision de lui au début du roman lorsqu'il est à la Roche-Mauprat puis il est embarrassé devant son manque flagrant de connaissances lorsqu'il est au château. Au fur et à mesure il développe un énorme égo mais il voudra s'en débarasser en partant en Amérique, nous donnant de ce fait la leçon la plus intéressante de ce livre mais j'en parle après. En rentrant il est devenu modeste de sa personne jusqu'au moment où Edmée se fait tirer dessus, là il se dévalorise complétement et revient à une vision très négative de lui-même. En fait, Bernard, à l'inverse de patience, est très soumis aux évènements. En fonction de ce qui lui arrive il ajustera sa confiance en lui. C'est terrible car alors si on dépend du monde, on perd le pouvoir d'agir sur lui. S'il était sage, il aurai une juste opinion de lui-même et peu importe ce que lui dirais Edmée il ne déprimerait pas ou se mettrai en colère. C'est ce que préconise les Stoiciens, ne plus laisser nos émotions nous diriger et vivre avec une sorte de joie inconditionnelle qui rendra chaque moment, aussi pénible soit-il, plaisant.
Le livre apporte une réflêxion très intéressante sur ce qu'on pourrai appeller du "Développement Personnel" mais que j'appellerai l'acceptation de soi. À un moment, Bernard repense au jeune homme prétentieux qu'il était et explique qu'il a utiliser ses défauts pour les rendre utiles. Cette phrase est intéressante car, souvent, lorsqu'on a un défaut, on va nous conseiller de travailler dessus afin de l'effacer. Pourtant, cette idée est très culpabilisatrice et nous fait penser que notre caractère est ce qu'il est parce qu'on l'a choisi. Si je suis orgueilleux c'est par choix, si je suis naïf c'est par choix, si je suis passionné c'est par choix etc... Mais, c'est faux, on ne choisit pas son caractère, on peut le modifier subtilement et au fil du temps abandonner des défauts, abandonner des qualités et se découvrir de nouveaux défauts et de nouvelles qualités. Lorsqu'on nous dit d'arrêter d'être égoiste par exemple, on a l'impression que c'est un processus que l'on contrôle et que si quelqu'un nous dit ça, on va le stopper. Malheureusement, personne ne peut stopper ce processus. Beaucoup de gens ont comme idéal d'atteindre une personnalité sans défaut ou avec le moins possible. C'est un idéal noble mais comme vous le voyez, c'est un idéal. Le livre propose une approche plus pragmatique, qui consiste à faire au mieux avec ce que l'on a. C'est à dire que l'on a notre caractère, au lieu de culpabiliser de s'évertuer à vouloir le changer, nous le prenons et nous en tirons le maximum. Si je suis orgueilleux, je vais avoir plus confiance en moi et me lancer dans des choses que je n'aurai pas osé faire si je doutais de mes capacités. Si je suis naïf, je vais avoir tendance à voir le monde d'une façon plus belle et à en ignorer les mauvais côtés. Lorsqu'on imagine cela, c'est beaucoup plus attractif que le côté moralisateur de vouloir changer sa personnalité. Évidemment, accepter ses défauts ne veut pas dire ne pas les voir. L'idée est justement d'en avoir conscience pour pouvoir les utiliser au mieux. On part du principe que l'on ne contrôle pas complétement ce que l'on est car comme l'explique Hume, le Moi n'est qu'une [[illusion]]. Il n'est que le dénominateur commun de nos perceptions. Toute notre identité est déterminée par ce que l'on perçoit et ce que l'on retient de ce que l'on a perçu. Nos souvenirs sont composés de nos perceptions, sans nos souvenirs nous ne sommes plus rien. Et sans nos perceptions nous ne pouvons plus rien être. Donc notre personnalité est directement liée à ce que l'on vit à travers nos sens. Nous sommes le produit direct de notre environnement et même si l'on a la sensation de contrôler notre caractère, il n'en est rien. Tout cela, enlève une parti de la culpabilité que l'on peut ressentir si on se sent mal dans sa peau. Ce n'est pas de notre faute, puisque on ne contrôle pas ça alors autant faire avec !
Pièce de théatre féminste
Je suis allé voir une pièce de théâtre appelée "Désobéir" où quatre femmes nous raconte comment elles ont du désobéir pour s'émanciper et vivre leur vie comme elle le souhaitait. À travers cette pièce de théâtre qui mélait récits et danse, on a pu découvrir que la religion n'était pas forcement synonime de contrôle des femmes mais que suivre aveuglement les dogmes religieux, souvent imposés par des hommes, pouvaient en effet aboutir à une certaine perte de liberté. La religion doit se vivre à l'intérieur car tout le monde partage une religion personelle. Chacun croit en certaines choses qui n'ont pas de fondements scientifiques. Par exemple, ceux qui pensent que la science va faire des découvertes qui nous aideront à surmonter la crise climatique ne le savent pas, ces évènements là ne sont pas du tout certains donc on peut appeler cela une croyance. C'est très dur de s'émanciper de toutes nos croyances, personne n'y arrive en fait donc on croit tous. Cependant, la religion comme on l'entend dans la vie de tous les jours, implique souvent une dimension collective. C'est un très gros problème car vu que chacun a sa propre religion. On ne peut pas se conformer à des règles puisque la religion est saine si elle est pratiqué librement, si on est libre de croire ce qu'on veut et comme on veut. S'y conformer peut créer pleins de conflits et la religion est censée permettre d'aider à affronter les difficultés de la vie pas d'en créer de nouvelles. Notre religion doit évoluer en même temps que nos croyances alors si on s'impose un seul modèle dont la possible évolution ne dépend pas de nous c'est problématique. Enfin, libre à chacun de croire ce qu'il veut comme il le veut tant qu'il n'essaye pas de l'imposer aux autres.