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### Bibliographie
## Concepts importants
Jalons :
- Un débat historique et ses implications politiques : les causes de la Première Guerre mondiale.
- Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie.
Jalons
- La justice à l’échelle locale : les tribunaux gacaca face au génocide des Tutsis.
- La construction d’une justice pénale internationale face aux crimes de masse : le tribunal pénal international pour l’exYougoslavie (TPIY).
Jalons
- Lieux de mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes.
- Juger les crimes nazis après Nuremberg.
- Le génocide dans la littérature et le cinéma.
## INTRODUCTION : HISTOIRE ET MEMOIRE, HISTOIRE ET JUSTICE
### I. Histoire et mémoire : points communs, différences et relations au sein d’un couple de notions meilleures ennemies
#### A. Plus de différences que de points communs entre histoire et mémoire
[[HISTOIRE]] = se veut objective du passé en reconstituant chronologie des événements. Établis des liens logiques entre les causes et les conséquences des faits.
S'appuie sur des sources variées + méthode + approche critique
[[mémoire]] = connaissance du passé fondée sur souvenir direct / témoignage
Elle cherche à abolir la frontière présent / passé
Elle est fondée sur l'émotion
Le temps passé et l’oubli qu’il entraîne, les aléas de la transmission, la situation forcément unique de chaque acteur, les enjeux du présent qui influent sur la relecture du passé sont autant de filtres qui rendent la mémoire toujours partielle et subjective
-> elle est plurielle et conflictuelle
#### B. Mais des relations importantes entre ces deux approches du passé
1) La mémoire au service de l’histoire
L'histoire est dépendante de la mémoire pour exister et avoir un sens
Mais l'histoire a une approche critique des mémoires et les compare
Les témoignages écrits / oraux représentent des sources très intéressantes
Et le fait que certain [[groupe porteur de mémoire]] existent conduisent les historiens à s'y intéresser + qu'aux mémoires que personnes ne porte
2) l'histoire au service de la mémoire
L'histoire permet de retrouver la mémoire, de mieux comprendre son passé et celui de ses ancêtres
elle permet aussi de lutter contre l'histoire officielle en rendant la mémoire à des groupes écartés par le pouvoir
ex : [[Résistancialisme]] dénoncé par [[Robert Paxton]] dans les 70s
L'histoire participe aussi au devoir de mémoire (apparu dans les 80s)
[[devoir de mémoire]] : obligation [[morale]] pour l’[[État]] et la [[nation]] française de se souvenir de certains événements tragiques du passé afin qu’ils ne se reproduisent pas
se traduit par des lois mémorielles
ex : Loi Gayssot (1990) qui condamne le [[négationnisme]]
ex : Loi Taubira ([[Christiane Taubira]]) qui reconnaît l'esclavage comme un [[crimes contre l'humanité]]
Mais bcp de critiques d'historiens et de philosophes
POUR le devoir de mémoire :
- célébrer les héros de la [[nation]] et les remercier. Idée de dresser un exemple
- Rendre hommage aux victimes
- refus de l'oubli des drames comme auparavant
- tirer des leçons du passé
- « réconcilier le passé avec le présent »
- impératif de justice pour les victimes
- construire l'[[identité nationale]] d'un peuple
CONTRE le devoir de mémoire :
- moraliser l'histoire
- perte de liberté pour les historiens qui peuvent être accusés de [[négationnisme]] s'ils s'écartent de l'histoire officielle (affaire Pétré-Grenouilleau : il a été assigné en justice pour avoir dit qu’il y avait eu d’autres traites que la traite négrière et que la traite n’était pas un génocide)
- Multiplication des journées de commémoration nationale (actuellement 12) ce qui peut mener à une inflation et donc à une perte de valeur de ces journées
- le devoir de mémoire commandé par le politique est dangereux
- risque d'instrumentalisation de l'histoire (pour certains, qui est une science donc qui se veut neutre et loin de tous conflits)
3) La mémoire, objet d’histoire
La mémoire est devenue un objet d'étude car on peut s'intéresser à comment elle se construit
[[Maurice Halbwachs]] (sociologue) est un pionnier dans ce domaine, il montre que la mémoire est un phénomène collectif, on ne se souvient jamais seul
Les travaux d’[[Henry Rousso]] (Le Syndrome de Vichy paru en 1987) s’intéresse particulièrement à la mémoire (et à l’oubli) de la collaboration et du passé vichyste de la France
### II. Histoire et justice
#### A. Le crime de masse dans l’histoire du droit : une arrivée récente
Jusqu'au XXe siècle, le massacre est une punition collective + ou - légale et donc légitime que l'[[État]] autorise pour réprimer des groupes sociaux.
Apparition des prémices d'un droit de la guerre et d'un droit humanitaire :
- [[droit de Genève]] = l’ensemble des règles qui protègent les victimes de la guerre : les soldats blessés (1864), les prisonniers de guerre (1929), les civils (1949)
- [[droit de la Haye]] = les dispositions qui régissent la conduite des hostilités. les conventions de La Haye (1899 et 1907) réclament que populations locales comme les belligérants « *restent sous la sauvegarde et sous l'empire des principes du droit des gens tels qu'ils résultent des usages établis entre nations civilisées, des lois de l'humanité et des exigences de la conscience publique* ». Elles interdisent également l’emploi de certaines armes (ex : gaz asphyxiants).
Mais deux exemples pour comprendre que ce droit n'est pas au service des populations
1 - Les Allemands sont jugés coupables de l'extermination de 80% des Hereros et de 50% des Namas en Namibie. Justifie la confiscation des colonies allemandes par les vainqueurs lors du Traité de Versailles. MAIS pas de reconnaissance des victimes ni de punition des coupables
2 - Pareil pour les dirigeants Turcs qui sont mis en garde contre leurs politiques génocidaires ([[génocide]]), qui sont arrêtés mais relâchés sans jugement
b) Le rôle du procès de Nuremberg dans l’évolution du droit pénal international
[[procès de nuremberg]]
*20 novembre 1945 - 1er octobre 1946*
tribunal militaire international à Nuremberg pour juger 8 organisations nazies et 22 hauts dignitaires du régime hitlérien pour conjuration contre la [[paix]], [[Crimes contre la paix]], [[crimes de guerre]] et pour la première fois, [[crimes contre l'humanité]]
[[génocide]] est mentionné mais pas prise en compte juridiquement
c) L’ONU consacre les notions juridiques de crime contre l’humanité et de génocide
1946 = adoption de la notion de [[crimes contre l'humanité]] par l'[[ONU]]
1948 = Convention pour la prévention du crime de [[génocide]]
1968 = [[crimes de guerre]] et [[crimes contre l'humanité]] deviennent imprescriptibles
2002 = création de la [[Cour pénale internationale]] prouve que désormais ces notions relèvent d’un droit international pénal permanent et universel.
#### B. L’histoire face au jugement de ces crimes
1) Le [[procès de Nuremberg]], un « procès historique » et un « procès pour l’Histoire »
C'est un procès historique puisqu'il introduit de nouvelles notions juridiques. C'est aussi le + grand procès de l'histoire
Il est filmé pour en garder une trace pour les générations futures
Sentiment d'écrire l'histoire à chaud
Et il a permis aux historiens d'avoir accès à énormément d'informations qui auraient été classifiées sinon
2) Les historiens témoins ?
[[témoignage de l'historien]]
[[Robert Paxton]] lors du procès de [[Maurice Papon]] en 1997
Maurice Papon = ancien secrétaire général de par préfecture de Gironde de 1942 à 1944 poursuivi pour [[crimes contre l'humanité]] pour avoir participé à la déportation des juifs
POUR :
- légitimité de l'expert, de leur [[connaissance]] de la période qui peut éclairer le procès et aller vers la vérité
- témoignage de l'historien permet aussi de faire une leçon d'histoire
- Il existe des précédents depuis l’Affaire Dreyfus
- historien ne peut pas s'abstraire de son temps et de la société
CONTRE ([[Henry Rousso]]) :
- Parfois l'historien est affectivement lié aux affaires et ne veut pas y participer
- la liberté intellectuelle de l'historien risque d'être entravée s'il y a témoignage sous serment avec conséquences potentiellement terribles
- pas toujours une seule [[vérité]] historique
- Risque d'instrumentalisation de l'historien
- Risque que la présence symbolique de l'historien soit + importante que ses déclaration
### Les différents types d'approche de la mémoire et de l'histoire de la guerre d'Algérie
4 groupes mémoriels :
- Harkhis
Ce sont des algériens qui ont rejoint l'armée française soit par concordance idéologique ou par nécessité pour leur survie. Ils ont donc aidé l'armée et à la fin de la guerre, ils ont subi des représailles de la part du FLN. Certains ont pu rejoindre la France hexagonale comme mais beaucoup sont morts en Algérie.
- FLN
Ce sont une partie des Algériens qui ont combattu pour l'indépendance de l'Algérie. Ils sont à l'origine de la Toussait Rouge, des attentats contre des civils et militaires en Algérie.
Ils éliminent les autres mouvements d'indépendance et se rendent coupable de nombreuses violations du droit de la guerre et des droits humains fondamentaux de manière générale.
Ils ont réussi à faire se retirer la France et signe les Accords d'Évian en 1962 avec la France. Ces accords mettent fin à 132 ans de [[colonisation]] française.
Ils présentent le peuple algérien comme uni durant la guerre d'indépendance algérienne
- Organisation de l'armée secrète (OAS)
Groupe de militaires qui sont opposés à l'indépendance de l'Algérie et qui décide de mener des actions terroristes pour empêcher l'indépendance
[[Jean-Marie le Pen]] en fait partie
Ils se rendent coupable de l'attentat du Petit-Clamart sur le Général de Gaulle et sa femme mais qui échoue.
Amnistiés par la France en 1968 pour aller vers la réconciliation nationale
- soldats français envoyés combattre
1 million et demi de soldats français
Leur mémoire peut être opposée aux combattants du FLN ou à la population algérienne
Usage de la torture, exécutions sommaires, [[état d'exception]].
- intellectuels français
- population algérienne
- population française
Positions des États :
- État d'Algérie prône une histoire officielle qui glorifie le FLN et occulte les autres mouvements de résistance ainsi que les crimes du FLN. Interdit aux historiens de travailler sur la guerre d'Algérie.
Mais la guerre civile de 1992 qui fait près de 200k à 300k morts fait voler le mythe de l'Algérie unie
- État français autorise les historiens à travailler sur la guerre d'Algérie à partir de 1992 en ouvrant les archives
L'État censure les témoignages qui parlent de la torture en Algérie. La mémoire algérienne ne sort de l'oubli qu'en 1980. La guerre d'indépendance algérienne fait sa place dans les manuels scolaires en 1983
Reconnaissance de l'Algérie comme une guerre par l'État français à partir de 1999. Avant on parlait d'opérations de maintien de l'ordre
Reconnaissance des crimes + ouverture des archives
Reconnaissance de l'assassinat de Maurice Audin par l'armée
### Les tribunaux du Rwanda
[[génocide]] est un terme inventé par [[Raphaël Lemkin]] en 1944
Génocide n'est pas retenu pendant le procès de Nuremberg, c'est seulement en 1948 que l'[[ONU]] adopte ce terme comme notion juridique.
Rajoute le caractère collectif et intentionnel
Génocide des Tutsi au Rwanda en 1994
Les tribunaux Gacaca sont des tribunaux présidés par une personne dont l'autorité est traditionnellement reconnue et qui permet de juger les crimes majeurs mais mineurs comparés au génocide à l'échelle locale.
Ils entrent en service en 2002 et ferment en 2012. Ils ont examinés près de 2 millions de dossiers.
À partir de 2004 et de 2007, on privilégie les peines différentes de l'incarcération
Rwanda gagne son [[Indépendance]] de la Belgique en 1962
Les Tutsi subissent des violences depuis les années 60 et donc en 1987, Paul Kagame crée le Front Patriotique Rwandais.
Négociation en 1991 avec le pouvoir Hutu pour instaurer le multipartisme et éviter la guerre civile
Les Hutu extrémistes sont pas contents
Une mission de l'[[ONU]] est envoyée avec 2500 hommes en octobre 1993 mais elle échouera à empêcher le [[génocide]]
Le génocide commence en avril 1994 et dure 100 jours. Il fait 800 000 morts soit les 3/4 de la population Tutsi
54% des victimes sont des femmes et des enfants de moins de 15 ans
200 000 viols, viol comme arme de guerre, 67% des femmes Tutsi ont été intentionnellement contaminées par le VIH
Les tueurs connaissent bien leur victime, [[Hélène Dumas]] parle de *génocide de proximité* ou *[[génocide de voisins]]*
Le génocide a une dynamique horizontale
Le rôle important de la radio télévision "Les Milles Collines"
Cette radio a joué un rôle majeur dans la propagation de la haine contre les Tutsi, appelant clairement au génocide
Après le génocide, il faut faire justice
- Gacaca, tribunaux traditionnels
- Tribunaux nationaux rwandais
- Tribunal Pénal International pour le Rwanda
Juge les gros crimes comme les génocidaires
Il y a un impératif de reconstruction d'une coexistence pacifique sociale et politique
Une grande partie des suspects est reconnu coupable : 800 000 sur près de 2 millions
Le taux de condamnation est de 65 %, avec des peines d'emprisonnement de 5 à 10 ans.
Le TPIR a commencé à juger en 1994. Il a condamné 85 personnes mais il est considéré comme lent + il n'a pas condamné les criminels Tutsi.
### Fonction de la justice pour apaiser les mémoires et comprendre l'histoire
Punir les coupables pour que les victimes se sentent reconnues par les autorités
Faire intervenir des historiens pour éclaircir ce qui n'a pas pu être éclairci avant
### La création de tribunaux spécifiques pour juger les crimes de masse
Tribunal de Nuremberg (20 novembre 1945 - 1er octobre 1946)
Tribunal de Tokyo (Janvier 1946 - Novembre 1948)
Tribunaux spécifiques du Rwanda
Tribunaux Galacca
Tribunal Pénal International pour le Rwanda
Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie
### Recherche de responsabilités pour la première guerre mondiale
On distingue causes anciennes et causes immédiates du [[conflit]]
Les causes anciennes
1) La rivalité franco-allemande suite à la victoire de l'Empire allemand en 1870 sur la France et la perte de l'Alsace Moselle. Un esprit revanchard a animé les générations suivantes.
2) L'Allemagne ne possédait pas d'empire colonial et va alors se ruer sur le continent africain. L'Allemagne génocide en Namibie les Hereros et Namias. ([[génocide]])
3) La rivalité franco-allemande refait surface au Maroc avec la dispute autour du royaume Chérifien. La [[guerre]] est évitée d'extrême justesse
Causes immédiates :
- L'assassinat du Duc Ferdinand d'Autriche lors d'une visite diplomatique en Bosnie-Herzégovine
- la **Triple alliance** (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie),
- la **Triple entente** (France, Russie et Royaume-Uni).
L'Autriche accuse la Serbie et boum 1ère Guerre Mondiale
[[Pierre Renouvin]]
la thèse de l’unique culpabilité de l’empire de Guillaume II.
Il défend l’idée que les Autrichiens – alliés des Allemands – ont accablé la Serbie – alliée de la Russie – et l’ont poussée vers la guerre au risque de provoquer l’engrenage des alliances et le déclenchement de la guerre
[[Jules Isaac]]
[[Lénine]]
L'impérialisme est le dernier stade du capitalisme
Le fait que l'Allemagne soit un empire la menait de toute façon à l'expansion et à la guerre
La République de Weimar adopte la posture de culpabilité mais les nazis la rejette la considérant comme un mensonge :
La guerre aurait plutôt été due à la Russie Bolchevique et les Français revanchards animés du désir de récupérer l’Alsace-Moselle depuis la défaite de 1870
Après 1945, la question des responsabilités change radicalement en Allemagne.
En 1961, l’historien **Fritz Fisher**, dans son ouvrage _Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale 1914-1918_ remet en question la théorie de l’encerclement franco-russe ayant conduit l’Allemagne à la guerre. L’idée de la responsabilité allemande est relancée mais, cette fois-ci, par les Allemands eux-mêmes. L’auteur évoque comment le régime militariste du IIe Reich, par son volonté d’expansion et sa politique agressive, a conduit le continent européen vers la grande boucherie de 1914.
Avec la disparition des dernières personnes qui ont vécus la guerre, c'est l'histoire qui devient le moyen de raconter la guerre et c'est donc plus objectif et apaisé.
### Différences entre histoire et mémoire
Histoire
Science qui se veut objective et critique en analysant et reconstituant le passé. Elle se base sur des sources diverses pour tenter de créer un grand récit cohérent et créateur de sens.
Mémoire
Elle est subjective, sélective, sujette à l'oubli. Elle peut être à la fois individuelle et collective. La mémoire tend à isoler les événements de leur contexte. La mémoire se transmet par la culture et est basée sur l'expérience personnelle.
### Le cas de l'Ex-Yougoslavie
Le prochain initial de la Yougoslavie était de rassembler les peuples slaves : le panslavisme, en un seul pays
Sauf qu'il y a eu une montée des nationalismes des 6 républiques :
- la Slovénie
- la Croatie
- la Bosnie-Herzégovine
- la Serbie
- le Monténégro
- la Macédoine
[[Tito]] fonde après la Seconde Guerre Mondiale la deuxième Yougoslavie avec une répartition de la souveraineté à une échelle plus fédérale :
- 3 religions (Catholicisme, Orthodoxe, Islam)
- 6 peuples
- 1 seul [[parti politique]]
Mais avec chute de l'[[URSS]] et crise économique et sociales, les tensions nationales reviennent
Les aspirations nationalistes des différents peuples se confrontent à la volonté des Serbes de maintenir l'unité d'une fédération qu'ils contrôlent. Or, 25 % des Serbes vivent hors de Serbie, notamment en Croatie et en Bosnie-Herzégovine.
Cela mène à un conflit en Bosnie-Herzégovine et à des crimes de masses important entre 1991 et 1995
Les Serbes sont particulièrement féroces et sortent les [[Camps de concentration]] où ils font une épuration ethnique : 150 000 et 300 000 morts
Le massacre de Srebrenica, perpétré entre le 11 et le 15 juillet 1995, est un des crimes de masse les plus choquants par son ampleur. Durant ce massacre, 8 000 musulmans, hommes et jeunes garçons, sont tués.
Tout cela prend fin avec les Accords de Dayton en 1995 propulsés par les [[États-Unis]] et l'[[OTAN]], création de :
- la République serbe de Bosnie-Herzégovine ;
- la fédération croato-bosniaque.
Nouvelle guerre civile éclate en 1999 au Kosovo entre les Albanais et les Serbes (peuplé de 80% d'Albanais)
Décomposition de la Yougoslavie s'achève en 2006 avec indépendance du Monténégro et du Kosovo en 2008
L'[[ONU]] ne parvient pas à agir dans ce conflit et en est réduit à acheminer de l'aide humanitaire sans pouvoir protéger les populations civiles
Le TPIY est créé en 1993 par l'[[ONU]]. Il doit :
- juger les personnes coupables de violations graves du droit international humanitaire en ex-Yougoslavie. Il y a quatre types de crimes : le [[génocide]], les [[crimes contre l'humanité]], les [[crimes de guerre]], les infractions graves à la Convention de Genève ;
- aider les sociétés concernées à faire face à leur passé récent et contribuer à une réconciliation régionale.
TPIY est actif jusqu'en 2017 et condamne 165 personnes même si seuls 90 personnes subissent leur peines (les autres sont morts)
Ex :
- Slobodan *Milosevic*, président de la République de Serbie, est accusé de crime de guerre, de crime contre l'humanité et de génocide. Il meurt pendant la cinquième année de son procès, en 2006.
- Radovan *Karadzic*, président de la République serbe de Bosnie-Herzégovine, est inculpé pour génocide et condamné à la prison à perpétuité en mars 2019.
- Ratko *Mladic*, commandant en chef de l'armée de la République serbe de Bosnie-Herzégovine, est reconnu coupable de génocide et condamné à la prison à perpétuité en 2017.
Mais malgré difficultés à trouver les condamnés, les Serbes considèrent que c'était un procès politique et ne le reconnaisse donc pas. Il reste toujours une vision nationaliste dans tous les pays et surtout lorsque les personnes étaient libérées, elles étaient accueillis comme des héros par leurs peuples.
*L'homme colonisé est un homme qui rêve en permanence d'être le persécuteur* - [[Frantz Fanon]]
### concepts
[[Résistancialisme]]
empêche le devoir de mémoire - [[Henry Rousso]]
L'Allemagne et l'Autriche sont entièrement responsables de la 1ère Guerre Mondiale. Même s'il reconnaît que les autres États (Fr, Uk, Russie) ont aussi une part de responsabilité - [[Pierre Renouvin]], thèse française de l'entre-deux guerres. Mais reprise par [[Fritz Fischer]] en 1961
Thèse de Hitler. Les responsabilités sont partagées. [[nationalisme]] + impérialismes européens sont la cause -[[Jules Isaac]] (veut éduquer les jeunes à détester la guerre), [[Lénine]]
[[Pierre Renouvin]] - [[Jules Isaac]] et [[Lénine]]
Personne vs [[Fritz Fischer]]
[[Gerd Krumeich]] vs [[Christopher Clark]]
[[forteresse invisible]].
[[génocide]] - [[Raphaël Lemkin]]
génocide de proximité, [[génocide de voisins]] - [[Hélène Dumas]]
Chasse les nazis - [[Serge Klarsfeld]] et [[Beate Klarsfeld]]
[[concurrence des mémoires]]
[[négationnisme]]
[[révisionnisme]]
téléologie : les faits devaient se passer ainsi. C'est le [[déterminisme]] historique.
[[anamnèse]]
[[groupe porteur de mémoire]]
[[lieu de mémoire]] - [[Pierre Nora]]
Mémorial de la Shoah
Radio Milles Collines
Shoah - [[Claude Lanzmann]]
Sorti en 1985
Ce film documentaire de 9h est rempli de témoignages de victimes et de bourreaux
Claude Lanzmann était contre l'esthétisation des crimes de guerre, humanité et génocide. Il pense que c'est une erreur de romantiser ces événements
le Grand Silence (1945 - 1961) - [[Annette Wieviorka]]
L'histoire est écrite par les vainqueurs, cette expression de [[Robert Brasillach]], collaborateur actif sous l'occupation allemande présente clairement l'un des enjeu fondamental qui sous-tend l'histoire. En effet, l'Histoire est une science qui se veut objective mais bien souvent, elle est instrumentalisée à des fins politiques. De plus, l'Histoire peut parfois s'opposer à la mémoire comme durant l'après-guerre où le mythe du [[Résistancialisme]] s'opposait à la réalité historique. Difficile d'écrire des choses positives sur les allemands alors que tout le monde en France se rappelle encore de l'horreur de la guerre.
[[Histoire]] = un discours scientifique organisé qui recherche une certaine reconstitution de la vérité historique. Cette discipline a un souci de l'objectivité.
[[mémoire]] = L'ensemble des souvenirs individuels et des représentations collectives du passé. La mémoire est subjective, sélective et est sujette à l'oubli. Elle a une part d'émotionnel très forte.
justice = La justice est là pour trancher avec toutes les informations qui lui sont fournies
Mémoires vives ≠ Mémoires appaisées
28 juin 1914 : Attentat de Sarajevo
28 juin 1919 : Traité de Versailles
22 novembre 1984 : François Mitterand et Helmut Kohl se prennent la main à l'occasion d'une commémoration des morts de la 2nd Guerre Mondiale. Symbolise la réconciliation franco-allemande
1962 - 2017 : Le déni de la guerre d'indépendance algérienne
à partir de 2017 : Deux mandats d'[[Emmanuel Macron]] voyage deux fois en Algérie. Il dit que la [[colonisation]] a été un [[crimes contre l'humanité]]. C'est aussi le rapport Stora et la volonté de se réconcilier
20 nov 1945 - 2 octobre 1946 : procès de Nuremberg
1948 : crime de génocide est adopté par l'[[ONU]]
1945 - 1961 : Premiers témoignages et la difficile émergence d'une mémoire de la Shoah. Le grand silence d'[[Annette Wieviorka]]
1961 - 1980 : Réveil mémoriel
1980 - 2025 : Mondialisation et diversification de la mémoire de la Shoah
1985 : sortie du film Shoah
1987 : procès de [[Klaus Barbie]]
1990 : lois Gayssot. On criminalise le [[négationnisme]] et la remise en cause de [[crimes contre l'humanité]]
1995 : [[Jacques Chirac]] reconnaît la responsabilité de la France dans la déportation massive de Juifs durant la Snd Guerre Mondiale
1998 : procès de [[Maurice Papon]], homme politique français ayant été fonctionnaire du [[Régime de Vichy]], de la IVe République et de la Ve République
1993 : création du TPIY
1994 : génocide rwandais en 3 mois
1994 : création du TPIR
1995 : Srebrenica
1998 : Création de la CPI
Juger les génocides et les crimes de masse, une justice uniquement internationale ?
Juger = Un juge doit trancher, il ne recherche pas la vérité absolue, il décide à partir des éléments établis qu'il possède.
les = plusieurs aux cours de l'histoire donc plusieurs méthodes pour les aborder
génocides = action planifiée de destruction d'un tout ou partie d'un groupe en fonction de son ethnie, religion ou idéologie politique
Les enjeux politique de la transmission mémorielle :
- pacification des sociétés
- lois mémorielles, devoir de mémoire
- cohésion nationale. Capacité d'un groupe social à se rassembler autour d'une identité nationale construite comprenant des valeurs, des événements, un patrimoine en commun
Enjeux judiciaires :
- punir les coupables
- apaiser les victimes
- faire avancer la justice
Enjeux humain et historique de vérité :
- connaître la situation de nos ancêtres
- apaisement des mémoires au niveau individuel et collectif
- Ne pas répéter les erreurs du passé
- Reconstituer les faits au plus près de leur vérité et en constituer une trace grâce à la science historique.
#### Amérique du Sud, jour 2 (2022)
**Mémoires et histoire d’un conflit : la guerre d’Algérie.** En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, vous mettrez en évidence *les différences entre les approches mémorielles et historiques de la guerre d’Algérie.*
##### Document 1 :
> Contrairement à ce que l’on entend souvent, la guerre d’Algérie n’a jamais été totalement occultée […]. Très tôt, plusieurs films ont été projetés. […] En 1977, Laurent Heynemann, soutenu par Bertrand Tavernier, adapte le livre d’Henri Alleg _La Question_, qui dénonce les tortures qu’il a subies ; le film est présenté sur Antenne 2 par Michel Drucker aux _Rendez-vous du dimanche_, émission de grande écoute – l’animateur invite les téléspectateurs à voir le film lors d’une séquence relativement longue de huit minutes.
> Il y a des films qui sont sortis mais l
>
> Cependant, les décennies 1970 et 1980 furent fort tranquilles, à peine troublées par la grève de la faim de harkis en novembre 1974. Sans aucune difficulté, la guerre d’Algérie est mise au programme des classes de Terminales en 1983. Je me permets un souvenir personnel : l’Association des professeurs d’histoire-géographie avait organisé à Marseille, en octobre 1983, dans le cadre des premières Journées de l’histoire-géographie, un atelier sur le thème : « Peut-on enseigner la guerre d’Algérie ? », […] tout se passa dans la sérénité et le calme le plus absolu. […] Notons cependant qu’officiellement le terme de « guerre » n’était toujours pas employé !
>
> Cette mémoire tiède se réchauffe dans les années 1990 avec la création de l’association Au nom de la mémoire visant notamment à recueillir des témoignages sur la répression de la manifestation du FLN (Front de libération nationale) du 17 octobre 1961. [En 1991] Benjamin Stora analyse, dans _La Gangrène et l’Oubli_, « l’ensemble subtil de mensonges et de refoulement » qui a fait de la guerre d’Algérie un nouveau passé qui ne passe pas. Il prolonge sa réflexion par le film qu’il réalise la même année avec Philippe Alfonsi, _Les Années algériennes_, entièrement fondé sur les mémoires, y compris celle de sa mère qui revient en Algérie vingt-huit ans après et se rend sur les tombes de son père et de son grand-père. Des mémoires, souvent antagonistes, se retrouvent parfois autour de la culture du Sud. À travers la mise en images de ces mémoires dévoilées, Stora espère guérir la société française du poids de ce passé non reconnu. L’année suivante, Bertrand Tavernier et Patrick Rotman font l’histoire de cette guerre uniquement à partir du témoignage d’appelés ou de rappelés, en utilisant même leurs photos. Beaucoup précisent qu’ils n’ont jamais voulu en parler jusque-là ; tous sont revenus meurtris. Le procès de Maurice Papon, en 1998, sur son rôle dans la déportation des Juifs à Bordeaux, renvoie à son attitude de préfet de police en octobre 1961. La notion de massacre fut alors reconnue par la justice pour qualifier le 17 octobre. En 1999, le Parlement décide de remplacer l’expression « opérations de maintien de l’ordre en Afrique du Nord » par celle de « guerre d’Algérie ».
>
> Cependant, la tension remonte avec les violentes polémiques autour de la torture en 2000 et 2001, à partir de la confirmation tranquille du fait par l’un des principaux acteurs, le général Aussaresses, dans la presse, à la télévision et finalement dans un livre. Ce que certains s’obstinent malgré tout à nier. Début décembre 2007, Nicolas Sarkozy effectue un voyage en Algérie ; _Libération_ 5 décembre titre « France-Algérie, la guerre des mémoires » et signale : « Selon Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy et son homologue Abdelaziz Bouteflika ont eu « un début de dialogue fort, nécessaire, mais très douloureux » sur les questions de mémoire ». […] Juste après sa désignation comme candidat à la présidence de la République, [[François Hollande]] participe à la commémoration du 17 octobre. Il reconnaîtra, le 17 octobre 2012, la responsabilité de la République dans la sanglante répression par un communiqué très court, non sans susciter encore des réactions hostiles.
>
> **Source :** Philippe Joutard, _Histoire et mémoires, conflits et alliances_, Paris, La Découverte, 2013
Les différences entre les approches mémorielles et historiques de la guerre d'Algérie
diff = il va falloir marquer fort donc soit un plan dialectique soit un plan en deux parties
les = plusieurs donc il va falloir décomposer
approches = il va falloir les analyser ces approches, montrer ce qu'elles ont de singulier
mémorielles = la mémoire est subjective, sélective, sujette à l'oubli. Elles sont individuelles et collectives.
Causes de la première guerre mondiale :
1 - Les causes économiques
Empire ont besoin de s'étendre pour prospérer
Concurrence industrielle entre. la Grande Bretagne et l'Allemagne.
2 - les causes politiques
Cause révolutionnaire et troubles internes très forts donc il faut détourner l'attention publique pour sauvegarder le régime.
La guerre c'est :
- renforcement du sentiment national autour des mouvements d'extrême droite
- Affaiblir le mouvement révolutionnaire
3 - les causes géopolitiques
Allemagne veut surmonter sa crise de puissance
La France accepte vraiment la guerre
L'Autriche-Hongrie veut retrouver son prestige menacé par le panslavisme du Sud.
4 - les causes immédiates
à distinguer des causes anciennes
1) Assassinat de l'archiduc François Ferdinand par un étudiant Serbe
2) provocation de l'ultimatum
3) passage d'un conflit austro-serbe à un conflit franco-allemand
### dissertations
#### Les enjeux de la transmission mémorielle
Réalise une dissertation de 4000 caractères autour de ce sujet : Les enjeux de la transmission mémorielle
Tu devras suivre la méthodologie de l'épreuve de dissertation d'HGGSP. Et voici quelques éléments pour t'aider à la réaliser :
Les = il va falloir les détailler
enjeux = ce qui est en jeu lors de ce processus, ce qu'il y a à gagner ou à perdre
de = indique ce que l'on va étudier
la = processus unique mais présent sous plusieurs formes
transmission = La transmission se fait par l'expérience. Différents acteurs peuvent se faire être le médium de ce processus. Que ce soit les individus, les groupes sociaux, les institutions ou encore l'environnement
mémorielle = la mémoire est subjective, sujette à l'oubli, sélective. Elle représente l'ensemble des souvenirs individuels et des représentations collectives du passé. Elle a une part émotionnelle très forte car elle construit notre identité.
Transmettre la mémoire que ce soit à l'échelle individuelle ou collective est donc extrêmement important.
Mais pourquoi est-ce que c'est important ? Pourquoi est-ce que des conflits peuvent naître autour de la mémoire ? Qu'est-ce qu'il y a à protéger ? Un groupe peut-il exister sans mémoire commune ? La transmission mémorielle peut-elle être un processus neutre ?
Nous nous demanderons donc quelles sont les causes des conflits autour de la transmission mémorielle ?
neutralité - histoire officielle - censure
ex : Guerre d'Algérie
reconnaissance pour passer à autre chose - reconnaissance pour guérir et ne pas refaire les mêmes erreurs
ex : Auschwitz
Mais figer le passé ?
socle identitaire - conflit autour de faits historiques - légitimation de conflits géopolitique - la mémoire au service des États
ex : Israël et la Palestine, Guerre en Ukraine
ONG - [[société civile]] - État - entreprise - individu concerné - porteurs de mémoire - lieux de mémoire
ex : Auschwitz
La transmission de la mémoire n'est pas un processus neutre de part la diversité d'intérêt de ses acteurs
Première Guerre Mondiale
- les États impérialistes manipulent les envie de revanche de la population pour les convaincre d'aller à la guerre
- les écoles et les médias font alors de la grosse propagande
Génocide Juif
- l'État Français attend 1995 pour reconnaître son rôle
Elle constitue un socle identitaire pour les groupes sociaux et les États
Guerre d'Algérie
Elle permet de légitimer des actes politiques
Guerre en Ukraine
Génocide palestinien
I. Enjeu humain et historique de vérité
A- Se souvenir de ce qui s’est passé au nom du devoir de mémoire
Enjeu mémoriel à titre individuel, communautaire et social Ne pas répéter les erreurs du passé
Ex : Shoah et génocide des Tsiganes
B- Reconstituer les faits au plus près de leur vérité et en conserver la trace : le rôle et l’exigence de la science historique
ex : les débats autour des causes de la Première Guerre Mondiale
L'ouverture récente des archives par [[Emmanuel Macron]] pour la Guerre d'Algérie
II. Enjeu judiciaire
A- Punir les coupables
Au nom de la justice nationale et internationale Pour l’exemple
ex : TPIY et TPIR, tribunaux Gacaca
B- Apaiser les victimes, leur accorder réparation et éviter la vengeance
ex : Tribunaux Gacaca,
III. Enjeu politique et géopolitique
A- Politique
Réconciliation nationale : apaisement intérieur par la reconnaissance des victimes, des erreurs de l’Etat… Cohésion nationale : construction d’une identité nationale, de valeurs, d’un patrimoine communs
Ex : reconnaissance du génocide de l'État Français par Chirac en 1995, musée comme le mémorial de la Shoah en 2005
Amnistie de l'OAS par De Gaulle après la fin de la Guerre d'Algérie
B- Géopolitique
Réconciliation entre les anciens belligérants : enjeu de pacification et enjeu diplomatique avec la mise en place de nouvelles alliances (France Allemagne et la [[construction européenne]])
Mémoire des anciennes alliances pour les perpétuer (se souvenir de l’aide apportée)
Ex : Plan Marshall souvent rappelé pour fortifier les relations entre US et FR
Soutien sans condition de l'Allemagne à Israël pour se faire pardonner
Manuels scolaires franco-allemand