*** ### Bibliographie ## Concepts importants [[libre arbitre]] [[sujet]] [[conscience]] [[conscience réfléchie]] [[libre arbitre]] [[nous sommes responsables de nos actions]] [[conscience de soi]] [[impressions pour Hume]] [[le Moi est une illusion]] [[introspection]] [[identité profonde]] [[La conscience comme créatrice d’unité]] [[Leibniz]] - [[inconscient pour Leibniz]] [[origine du mal pour Leibniz]] [[inconscient pour Leibniz]] [[aperceptions]] [[petites perceptions]] [[Ça pense]] [[Sigmund Freud]] [[hystérie]] [[hypnose]] [[cas Anna O]] [[réminiscence]] [[catharsis]] [[PSYCHANALYSE]] [[affect]] [[folie]] [[libre arbitre]] défendu par [[Descartes]], [[Emmanuel Kant]] critiqué par [[Baruch Spinoza]], [[Nietzsche]], [[Sigmund Freud]] est-ce que notre volonté est libre ? Nos [[désirs]] sont-ils libres ? [[sujet]] [[conscience]] [[conscience réfléchie]] [[libre arbitre]] [[nous sommes responsables de nos actions]] [[relativisme moral]] Bilan du prof Ainsi, le fait que l'être humain possède une conscience lui confère une place particulière au sein de ce monde ce que reprendra par la suite [[Friedrich Hegel]]. La nature est là en soi (Ce sera repris par [[Karl Marx]] ([[classe en soi]] et [[classe pour soi]]). Très repris par [[Simone de Beauvoir]] et par [[Jean-Paul Sartre]] aussi.) , elle est inconsciente de sa matérialité contrairement à l'être humain. L'arbre existe sans savoir qu'il existe. L'être humain quand à lui est en soi et pour soi. Il existe et il a conscience qu'il existe. Et grâce à sa conscience, il va chercher à mieux se connaître et éventuellement se changer (grâce à la [[raison]]) Donc travaillons donc à bien penser, voilà le premier principe de la [[morale]] [[conscience de soi]] [[impressions pour Hume]] [[le Moi est une illusion]] [[introspection]] Bilan du prof [[David Hume]] remet en question le fait qu'il y ait un [[Moi]] qui existerait comme une chose durable et permanente ([[identité profonde]]). Et dans un premier temps, il critique l'approche issue de [[Descartes]]. C'est l'aboutissement du [[pensée consciente]], Descartes a montré qu'il était indubitable que l'être humain pense. Et que grâce à cette [[pensée]], il se découvrait comme un être pensant.([[conscience de soi]]). L'être humain sait donc qu'il existe. La pensée apparaît donc pour Descartes nécessairement consciente. Grâce à cette pensée consciente, je vais alors chercher à me connaître en faisant un retour sur moi ([[conscience réfléchie]]). La conscience va rendre possible une instrospection. Nous allons alors pouvoir mettre à jour nos pensées profondes, nos sentiments, nos [[désirs]], nos souvenirs, à partir desquels je vais pouvoir connaître mon Moi. Mais cette [[conscience de soi]] est-elle connaissance de soi ? Cela suppose donc que par delà ces différentes impressions que j'ai de moi-même, il y a une *substance* [[identité profonde]] [[La conscience comme créatrice d’unité]] ### II - L'inconscient, peut-on être transparent à soi-même ? ##### 1 - Les limites de la conscience Avant [[Sigmund Freud]], d'autres [[philosophe]]s ont remis en question la conception de [[Descartes]] selon laquelle toute [[pensée]] était nécessairement consciente [[Leibniz]] - [[inconscient pour Leibniz]] [[origine du mal pour Leibniz]] [[inconscient pour Leibniz]] [[aperceptions]] [[petites perceptions]] [[Ça pense]] [[Sigmund Freud]] va s'en charger L'inconscient n'est pas que l'inconscience. ##### la découverte de l'inconscient [[Cinq leçons sur la psychanalyse]] [[Sigmund Freud]] [[hystérie]] [[hypnose]] [[cas Anna O]] [[réminiscence]] [[catharsis]] [[PSYCHANALYSE]] [[affect]] [[folie]] ### **II-** **L’inconscient : Peut-on être transparent à soi-même ?** 1- Les limites de la conscience Avant Freud, d’autres philosophes ont montré, contrairement à Descartes que toutes nos pensées n’étaient pas nécessairement conscientes. Tout d’abord Leibniz, soulignant l’existence de [[petites perceptions]] dont nous n’avons pas toujours conscience. Ex. lorsque j’entends le _bruit de la mer_, je perçois en réalité le bruit de millions de pettes gouttelettes d’eau qui s’entrechoquent sans m’en rendre compte. Si je tends davantage l’oreille ce bruit se fera plus précis. Il y aura donc deux types de perceptions : celles conscientes, que Leibniz nomme [[aperceptions]] ; celles inconscientes qu’il appelle  [[petites perceptions]]. (NB On retrouve une tel approche dans ce que l’on pourrait appeler auj les messages subliminaux dans la publicité ou au cinéma, qui par des petites perceptions répétées peuvent suggérer la consommation de tel ou tel produit…) Deuxième auteur : Nietzsche, qui a anticipé les travaux de Freud. D’après lui, Descartes n’a pas poussé son doute assez loin ; au lieu de conclure je pense donc je suis il aurait dû simplement admettre : _ça_ pense. en effet, une pensée vient quand elle veut, et non quand je veux ; dès lors je n’en suis pas forcément sujet (ni même auteur…) Descartes aurait été prisonnier d’un **préjugé grammatical** : tout verbe a un sujet ; il y a de la pensée donc il doit y avoir un sujet à celle-ci, moi. Au lieu de dire simplement : il y a de la pensée. Mais c’est surtout Freud qui a développé la conception la plus solide de l’inconscient, au sein d’une nouvelle approche qu’il va créer : la psychanalyse. 2- Découverte de l’inconscient : (Etude de l’œuvre intégrale cinq leçons sur la psychanalyse) Freud n’est pas à proprement parler un philosophe ; il est au départ neurologue, puis psychanalyste, mais ses théories ont tellement bouleversé nos conceptions de l’homme qu’il a une portée hautement philosophique. Il est auj très critiqué mais c’est le propre de tout chercheur d’être un jour dépassé. Il s’agira aussi de comprendre la teneur des débats au sujet de la psychanalyse. Né dans une famille juive en Bohême-Moravie, il commence par faire des études de biologie puis se spécialise dans l’étude du système nerveux des vertébrés. Il devient médecin pour gagner sa vie, puis se spécialise dans ce que l’on appelle à cette époque les « **maladies de l’esprit** », dits vulgairement la folie. Or malgré les progrès de la psychiatrie, un trouble demeure difficilement explicable à l’époque de Freud : l’[[hystérie]]. L’[[hystérie]] se manifeste à travers des symptômes qui frappent l’esprit : cris, convulsions, des paralysies, des évanouissements etc. Lorsque l’on observe le malade, on se rend compte qu’il n’y a aucune cause physique qui puisse expliquer ces problèmes. A cette époque, certains médecins avant-gardistes avaient pris l’habitude d’user de l’**hypnose** pour calmer les crises. L’hypnose est une technique permettant de produire un état de conscience modifié. Par ex un médecin célèbre le docteur **Charcot** présentait à ses étudiants des séances d’hypnoses, arrivant à susciter chez des patients par la **suggestion** des symptômes, voire à les inverser chez deux patients différents. Il voulait montrer par là que la cause était **psychique** et non physique ; si on arrivait à suggérer une idée plus forte que celle qui était agissante chez les patients, le symptôme disparaissait. Freud fait des stages auprès de Charcot (il traduit en allemand certains de ses écrits) mais aussi auprès d’autres comme Bernheim, et va lui-même pratiquer l’hypnose un certain temps sur ses patients. Mais c’est surtout l’étude d’un cas, celui de Anna O, soignée par le **Docteur Breuer**, qui va lui donner l’occasion d’élaborer sa première théorisation de ce qu’il appellera l’inconscient, comme il le développe dans les **Cinq leçons sur la psychanalyse**. Ce texte est tiré d’une conférence, énoncée par Freud en 1904, à Worcester dans le Massachusetts à la Clark University où il énonce les grands principes de cette nouvelle branche du savoir, en même temps nouvelle technique : la psychanalyse. Leçon 1 : livre Freud p.34-36 ( à vérifier selon l’édition) de «  on avait remarqué ses états d’absence… si l’on sautait les intermédiaires » **Suite II-2** **Leçon 1** : Anna O était une jeune femme de 21 ans, issue d’une famille bourgeoise viennoise, de grande culture, décrite comme charmante, et souffrant de troubles étranges aggravés depuis la mort de son père. Elle tousse alors qu’elle n’est pas enrhumée, tombe fréquemment en état de somnolence, présente des troubles de la vision, subit une paralysie de son bras droit, ne peut plus boire d’eau durant un été, s’avère incapable durant une période de parler sa langue… Un médecin qui décide de la suivre Breuer avait remarqué que durant ses états de somnolence, elle parlait et ses symptômes avaient tendance à s’atténuer qq peu. Il décide alors d’user de l’hypnose pour la faire parler et écouter ce qu’elle avait à dire… 1ère séance : elle se souvient, alors qu’elle soignait son père malade, que celui-ci lui demanda l’heure. En regardant sa montre, elle ressentit une forte envie de pleurer, mais elle se retînt. Puis durant la séance, elle se met à pleurer ; elle se réveille : son trouble de la vision va disparaître. 2ème séance : elle se souvient, alors qu’elle se promenait dans sa maison, avoir surpris sa gouvernante, qu’elle déteste, en train de donner à boire de l’eau à son chien dans un verre. Elle ressentit alors un profond dégoût et une forte envie de crier, mais elle se retînt. Puis elle se met à crier durant la séance. Elle se réveille : son impossibilité de boire de l’au va disparaître. Pour [[Sigmund Freud]], la psychanalyse permet de se purger de ses émotions, de se purifier de ses problèmes enfouies dans notre [[inconscient]] L'[[hypnose]] est un moyen pour le patient de se remémorer ses événements traumatiques (c'est vraiment ce que je fais en ce moment je meurs) Que s’est-il passé ? Tout se passe comme si Anna O avait en elle des sentiments, des émotions, des **affects**, associés à des souvenirs qui étaient « bloqués », « **refoulés** », et qui continuaient à se manifester, mais sous la forme dérivée du **symptôme** maladif. L’hypnose va alors avoir un effet **cathartique** ; en lui faisant revivre la scène, elle va la purifier, la purger de ces émotions ; la cause disparaissant, l’effet est alors supprimé. Comme le dira Freud, l’hystérique souffre de [[réminiscence]] ; c'est-à-dire qu’il revivait en permanence les scènes traumatiques, mais sans le savoir. Elle se souvenait, sans que ce souvenir soit accompagné de conscience. Le fait de ramener ce souvenir à la conscience, de se **remémorer** ces scènes et surtout d’accomplir ce qui devait être accompli, va lui permettre de se libérer de ces affects enfouis en elle. D’où l’impact positif de l’hypnose qui n’a rien d’irrationnelle. Freud va toutefois abandonner l’hypnose par la suite car d’après lui elle ne fonctionne pas avec tous et surtout ne guérirait pas en profondeur (elle ne ferait que déplacer le symptôme). Il met alors en place une nouvelle démarche s’inspirant de l’hypnose, la **psychanalyse**, qui se veut une nouvelle forme de psychologie entendant pénétrer dans les profondeurs de l’âme (une « psychologie des profondeurs »). Plus précisément la [[PSYCHANALYSE]] renvoie à 3 choses. [[PSYCHANALYSE]] [[effets d'une cure psychanalytique]] [[critiques de la psychanalyse]] Ainsi Freud a renouvelé notre connaissance de l’homme. Même si sur un mode thérapeutique la psychanalyse peut apparaitre aujourd’hui dépassée, elle reste une démarche intéressante pour se connaître en profondeur et en cela elle est proche de la philosophie de par cette quête de sens. 3- La conception psychanalytique Leçon 2 p.49-52 « c’est sur cette idée de résistance…image du refoulement » [[psychisme]] Pour [[Sigmund Freud]], dans un premier temps il l'envisage comme cela : conscient, préconscient et inconscient Puis : [[Moi]], [[Ça freudien]] (inconscient, lieu de refoulement et réservoir des pulsions, [[Surmoi]] Freud développe l'idée que les individus sont soumis à un [[déterminisme]] psychique puisque le Moi ne maîtrise pas tout. Il agirait à cause de pulsions. Freud se demande ici comment comprendre que ces souvenirs chez l’hystérique ne puissent être ramenés à la conscience ? Il y a une **résistance** qui empêche le **retour du refoulé**. L’hypothèse de Freud ici est que ces forces qui empêchent le souvenir sont les mêmes qui ont conduit au refoulement. Il va tenter d’expliquer cela au moyen d’une nouvelle compréhension du psychisme. En 1905 il élabore une **1***ère **topique** (topos : étude des lieux) : le psychisme serait composé de trois strates : **conscient**, **préconscient**, **inconscient**. En 1920 une **2****ème** **topique** est proposée : **moi** (conscience cad E des perceptions internes et externes dont l’individu se rend compte), **surmoi** (instance de **censure** renvoyant à l’E des valeurs morales/sociales intériorisées depuis l’enfance) ; **ça** (inconscient, lieu du refoulement et réservoir des pulsions). Pour Freud **« le moi n’est pas maître dans sa propre maison »** : l’individu est soumis à un **déterminisme psychique** qu’il ignore. Loin de se déterminer par sa seule volonté, il serait poussé à agir d’une certaine manière par des causes profondes qui sont avant tout d’ordre **pulsionnel**. [[Théorie pulsionnaire]] [[pulsion]] - [[Sigmund Freud]] force biologique associé à une représentation d'objet. Elle crée une tension dans l'organisme, exigeant d'être soulagée. Deux types : - [[pulsion de vie]] - [[pulsion de mort]] Mais les pulsions peuvent aller à l'encontre des [[valeurs]] que l'individu a intériorisé durant sa [[socialisation]]. Le [[Ça freudien]] est alors censuré par le [[Surmoi]] mais **refouler n'est pas éliminer** (d'où l'intérêt de la [[PSYCHANALYSE]]) Nous allons chercher à satisfaire nos pulsions coûte que coûte car nous sommes soumis au plaisir. Mais comme le Surmoi nous censure, l'objet de notre [[désirs]] va alors changer pour devenir quelque chose de plus acceptable. Notre pulsion initiale reviendra sous la forme de [[lapsus]], d'[[acte manqué]] ou de [[rêve]]. Dans les cas les plus graves : [[névrose]] et psychose. Pas de diff de nature entre l'homme sain et l'homme dérangé ([[folie]]) mais une différence de degré de refoulement. [[hystérie]] est donc logique pour les femmes au 19e car les injonctions de la société sont trop fortes. Et comme le remarque [[Alain Ehrenberg]] avec l’évolution des [[valeurs]] et le changement d’éducation au XXème elle va fortement décroître alors qu’un autre trouble va prendre le dessus : la dépression (en lien avec ce culte de la performance : être le meilleur, le vainqueur, le plus fort etc. d’où chez certains la fatigue d’être soi…) [[pulsion de vie]] (Eros) c'est le [[conatus]], l'[[amour de soi]] et les pulsions sexuelles [[pulsion de mort]] (Thanatos) Pulsions d'agressivités et d'autodestruction. Une pulsion est une force biologique associé à une représentation d’objet. Elle crée une tension dans l’organisme, exigeant alors d’être soulagée. Freud en 1920 distingue deux types de pulsions : **pulsions de vie** (Eros) renvoyant aux pulsions d’auto-conservation et pulsions sexuelles ; **pulsions de mort** (thanatos) renvoyant aux pulsions d’agressivité et pulsions d’autodestruction. Pour différentes raison certaines pulsions vont à l’encontre des valeurs intériorisées par l’individu depuis l’enfance et vont donc être refoulées dans le ça par l’instance de censure , le surmoi. Or **refouler n’est pas éliminer** ; ces pulsions vont chercher à être satisfaites coûte que coûte, étant soumises au **principe de plaisir**. Elles vont alors se déplacer sur un autre objet plus acceptable par la censure, (comme si elles se « déguisaient ») et alors parvenir jusqu’à la conscience, sous la forme de lapsus, d’actes manqués, ou encore des rêves chez l’homme sain et dans les cas les plus graves sous la forme de **névroses** et de **psychoses**. [[névrose]] Trouble de la conduite se manifestant par phobies, angoisses, obsessions. Lorsque le [[Surmoi]] domine trop fort le [[Ça freudien]]. [[psychose]] affection mentale très grave donnant lieu à des hallucinations, de la paronoïa ou encore de la schizophrénie. L'[[individu]] perd le pied avec la [[réalité]]. Il devient alors dangereux pour les autres et pour lui-même. La **névrose** est un trouble de la conduite de gravité diverse se manifestant par des phobies, obsessions, angoisse. Elles naissent d’une domination trop forte du surmoi par rapport au ça. La **psychose** quant à elle renvoie à une affection mentale très grave donnant lieu à des hallucinations, paranoïa schizophrénie ; l’individu perd alors pied avec la réalité, la reconstruisant à l’aune de son fantasme ; il devient alors dangereux pour les autres comme pour lui-même. **Il n’y a donc pas de différence de nature entrer l’homme sain et l’homme malade**, mais simplement une différence de degré : le degré de refoulement (et pour Freud il est normal de refouler pour pouvoir vivre en société, or parfois celui-ci devient trop intense). On comprend dès lors mieux pourquoi l’[[hystérie]] touche essentiellement les femmes à la fin du XIX : non pas en raison d’une constitution biologique (comme l’étymologie le laisserait suggérer), mais parce que les interdits qui pèsent sur elle étaient trop forts générant un refoulement notamment des pulsions sexuelles donnant lieu à ces crises. Et comme le remarque [[Alain Ehrenberg]] avec l’évolution des valeurs et le changement d’éducation au XXème elle va fortement décroître alors qu’un autre trouble va prendre le dessus : la dépression (en lien avec ce culte de la performance : être le meilleur, le vainqueur, le plus fort etc. d’où chez certains la fatigue d’être soi…) Leçon 3 : p.64-69 : «  jetons un coup d’œil rapide sur le problème du rêve… ces désirs refoulés » [[rêve]] "voie royale qui mène à l'inconscient ([[Ça freudien]])" Il est la réalisation déguisé de désirs On va alors les interpréter en décomposant le contenu manifeste et en laissant le patient pratiquer l'association libre. À quoi cette couleur pourrait-elle renvoyer par exemple ? déplacement = lorsqu'un élément du contenu manifeste représente le contenu latent condensation = lorsqu'un élément du contenu manifeste représente plusieurs éléments du contenu latent. Il faut donc analyser le signifiant et le signifié avec l'aide de la [[PSYCHANALYSE]] pour éviter les contre-sens. [[cauchemar]] Survient lorsqu'un désir trop important risque de se révéler. Le [[Surmoi]] reprend alors brutalement le dessus sur le [[Ça freudien]]. Freud aborde ici la question du **rêve** qui a longtemps été laissée de côté par la recherche notamment scientifique. Cela tenait au fait que le rêve apparaissait comme un scénario incohérent, incompréhensible, lié à une sorte de délire de l’imagination durant le sommeil et donc peu digne d’intérêt. Les Anciens au contraire s’étaient beaucoup intéressés au rêve mais d’une manière trop irrationnelle, voyant en lui quelque chose de prophétique, en lien avec des révélations mystiques etc. Or loin d’être une porte ouverte sur l’avenir il ouvre plutôt sur le passé de l’individu en apprenant beaucoup sur les profondeurs de celui-ci. Il est **« la voie royale qui mène à l’inconscient** ». L’hypothèse de Freud est la suivante : **il est la réalisation déguisé de désirs icsts**. Cette hypothèse est né d’un constat fait sur les petits enfants : ceux -ci ont tendance à rêver de désirs frustrés la veille (exemple constaté notamment chez sa petite fille de 19 mois ayant souffert d’une indigestion et, mise à la diète, ayant rêvé de son dessert la nuit suivante). Il doit donc en être de même pour les adultes, sauf que le désir pour différents raisons ne peut apparaitre simplement et se voit mêlée avec tout un ensemble d’autres représentations se combinant librement les unes les autres. Il convient donc de distinguer deux niveaux du rêve. Il y a d’une part **le contenu manifeste**, le rêve tel qu’il se présente au rêveur ou plutôt dont il s’en souvient (réélaboration secondaire), et d’autre part **le contenu latent** où se trouve le véritable sens du rêve, qui a été comme masqué, défiguré par un travail interne d’élaboration du rêve. Grâce à une technique **d’interprétation du rêve**, il va donc s’agir de remonter du produit fini au sens premier. Cette technique, comme en psychanalyse, consiste à décomposer le rêve en autant d’éléments signifiants (personnages, objets, scènes, couleurs) et de réfléchir à ce que ceux-ci évoquent au moyen **d’associations libres** (ex le fait de rêver que l’on est nu, ou que l’on chute d’une falaise etc. Or comment comprendre cette déformation ? Freud évoque deux procédés psychiques l’œuvre : le **déplacement** par lequel un élément du contenu latent est représenté par un élément du contenu manifeste ( ex rêver qu’on se retrouve tout à coup nu exprime ici la peur qu’un secret en soi soit « mis à nu » ) et la **condensation** par laquelle plusieurs éléments du contenu latent sont représentées par un élément ( se fondent) du contenu manifeste ( ex un personnage qui présente les traits de plusieurs personnes). Le rêve et donc comparable à un hiéroglyphe ; tant qu’on ne dispose pas du code, il reste incompréhensible ; il s’agit donc de remonter du **signifiant** au **signifié**. L’interprétation du rêve doit se faire avec la médiation du psychanalyste au risque de contre sens ex. une femme qui a participé récemment à l’enterrement de son neveu rêve qu’elle perd son 2ème neveu. Face à son lit de mort elle éprouve de la joie. Est-ce dire qu’elle désirait secrètement qu’il meurt ? L’analyse du rêve en lien avec le contexte va montrer qu’il n’en est rien : elle avait en fait revu un homme durant l’enterrement de son premier neveu pour lequel elle avait du désir, et souhaitait le revoir… un second enterrement lui donnerait cette occasion ! [[inconscient collectif]] [[Carl Gustav Jung]] La symbolique présente dans les [[rêve]]s d'un individu peut venir de son [[expérience]] mais elle peut aussi présenter des symboles universels. (on dirait plutôt propre à une [[culture]]) En outre le rêve peut renvoyer à des motifs remontant à la petite enfance, ou encore présenter des **symboles** universels ou en lien avec la culture d’un peuple (s’exprimant également dans ses mythes ou encore des contes de fée). Un disciple de Freud, **Jung** prolongera cette idée en mettant en lumière **un inconscient collectif** derrière l’inconscient individuel. Enfin Freud réfute le contre-argument qui pourrait lui être apporté du [[cauchemar]] (ou rêve d’angoisse), qui survient lorsque la censure reprend le dessus face à un désir inconscient risquant de trop se dévoiler, d’où le basculement du rêve au [[cauchemar]], puis au réveil. Le rêve apparaît donc fondamental à étudier pour comprendre les profondeurs de l’individu, d’autant plus qu’il présente un mécanisme comparable à celui présidant à l’[[hystérie]]. Leçon 4 : [[sexualité]] (prend tout) Pour [[Sigmund Freud]], les traumatismes de ses patients provenaient d'une fragilité antérieure d'ordre sexuel. La sexualité est le lieu de l'intime, elle est en lien avec les [[désirs]], les fantasmes et le plaisir. Elle présente de fortes caractéristiques culturelles puisque notre esprit est structuré par notre [[socialisation]] ([[normes sociales]], [[valeurs]] ). La sexualité donne alors lieu à des tabous, des transgressions, des déviances. ex : homosexualité, inceste. À l'époque de Freud, la [[religion]] possède encore un grand pouvoir d'oppression et la sexualité = péché originel Pour Freud la sexualité renvoie à la recherche de plaisir. Pour accomplir cette recherche, l'individu possède la [[libido]] (énergie poussant les individus à obtenir du plaisir et à fuir la douleur) Rapidement : 1er stade (0/1 an) **oral** : bébé ressent plaisir à travers l’acte de **succion** (sein de sa mère puis substitut comme biberon). Plaisir vient du fait qu’il est nourri et en même temps reçoit de l’amour 2ème stade : **anal** (jusqu’à 3 ans) moment de l’apprentissage de la propreté et d’une certaine maîtrise de son corps qui passe par maitrise des sphincters. Plaisir obtenu dans **rétention et expulsion** des selles 3ème stade : **phallique (**environ jusqu’à 5/6 ans). Moment où l’identité sexuelle se fixe avec notamment le passage du **complexe d’Oedipe** souvent caricaturé. L’enfant éprouve un attachement exclusif pour le parent du sexe opposé et en même temps une rivalité avec le parent du même sexe. Au bout de qq temps, il découvre que ce lien exclusif n’est pas possible (comprenant qu’il n’est pas un petit dieu pouvant satisfaire tous ses désirs…) ; il va alors chercher à imiter le parent du même sexe qui est le « vainqueur ». Freud tire son approche de la tragédie d’Œdipe Roi de **Sophocle,** Œdipe ayant tué sans le savoir son père et épousé sa mère, d’où la malédiction des dieux. A l’issue de ce moment sont lors intégrés les 2 interdits fondamentaux de la civilisation : l’**interdiction de l’inceste** (confusion des générations) et l’**interdiction du parricide**. Le surmoi est alors pleinement structuré et conduit à l’oubli de certains souvenirs. Nb Le caractère universel complexe d’Œdipe va donner lieu à des nombreuses controverses, par ex. l’anthropologue **Malinowski**, n’en repère pas les traces dans les iles Trobriand, ce qui suggèrerait que le complexe serait davantage lié à une structure familiale, propre à certaines sociétés. 4ème stade : de **latence** (jusqu’à la puberté). La libido est tournée vers le dehors : socialisation à école, amis, apprentissages ([[Socialisation primaire]]) 5ème stade : **génital** à partir de la puberté, avec la mise en place progressive de la sexualité de type adulte. Pour Freud, il arrive que ces stades ne se passent pas sans heurts. L’individu restera alors partiellement **fixé** à l’un de ses stades tout en poursuivant son développement. Et lorsqu’à l’âge adulte des difficultés se présenteront, il aura tendance à **régresser** à un stade antérieur (d’où l’hystérique ([[hystérie]]) qui se comporte parfois comme enfants : cri, suce leur pouce etc.) Par ex qq subit une période de [[chômage]]. Pour l’un ce sera l’occasion de renouveau ; pour l’autre cela conduira à un effondrement car l’évènement aura réveillé une blessure intérieure. Freud aborde ici la question de la **sexualité**. Il avait remarqué avec ses patients que lorsque l’analyse s’approfondissait, la cause du malaise n’était en réalité pas l’évènement traumatique lui-même, mais s’enracinait dans une fragilité antérieure qui avait justement rendu sensible l’individu à tel ou tel évènement. Et une telle fragilité avait au final une cause d’ordre **sexuel**. Comme il l’explique, il n’est pas évident d’aborder cette question car la sexualité est le lieu de l’**intime**, elle est en lien avec les désirs, les fantasmes, la recherche de plaisir. Loin de n’être que biologique, elle présente un aspect **culturel** puisqu’elle entre en résonance avec la société et la culture à travers les **règles, normes, valeurs** qui sont établies, donnant alors lieu à des **tabous, des transgressions, des déviances**. Par ex. la sexualité hors mariage, l’homosexualité… La sexualité apparait d’autant problématique qu’à l’époque de Freud la société apparaît encore très puritaine, imprégnée de la religion qui pendant longtemps a associé la sexualité au péché originel. Une telle sexualité explique Freud ne démarre pas à l’adolescence comme on pourrait le penser mais dès l’**enfance**. Or attention il faut entendre par sexualité quelque chose de beaucoup plus large que son sens habituel. Sexualité ici renvoie à **affectivité**, donnant lieu à la recherche du **plaisir**. L’individu dès sa naissance est animé par une énergie affective, la **libido** (de « libet » : il plaît) qui le pousse à obtenir du plaisir (et fuir la douleur). Or en fonction de l’âge et de la constitution biologique, le plaisir est obtenu de manière différente, et met en activité une **zone du corps** différente. La libido se structure alors en passant par des **stades**, façonnant la personnalité profonde affective de l’individu (et présidant à l’apparition de certains traits de caractères). Leçon 5 : comment guérir ? [[transfert]] Fait d'exprimer ses pulsions sur une personne ce qui entraîne une prise de conscience. [[effets d'une cure psychanalytique]] Le [[transfert]] entraîne une prise de conscience de nos désirs inconscients (le [[Ça freudien]] est conscientisé par le [[Moi]]) Trois possibilités : - désir est révolu = il disparaît alors de lui-même - désir impacte vie actuelle = il faut prendre une décision conscient : soit l'accepter soit y renoncer pour revenir *sujet* de sa propre vie - [[la sublimation]] ex l’**art** : l’artiste mal dans sa peau, est névrosé, or se voit protégé contre maladie grâce à son art (d’une certaine manière il se façonne un monde conforme à ses fantasmes). Ou encore le mystique : convertit son refoulement des pulsions sexuelles dans son adoration de Dieu ex Le Bernin, statue de Thérèse d’Avila en extase mystique. Auj le sport comme conversion des pulsions d’agressivité en dépassement. Permet à l'individu de s'humaniser pour se sortir de sa condition première ([[humanisation de l'être humain par le travail]] ) [[Sigmund Freud]] fait alors comme [[Nietzsche]] : il se mue en médecin de la *civilisation* Freud montre ici quels sont les effets de cure psychanalytique. A un moment donné prise de conscience du ou des désirs inconscients, qui se produit notamment durant le **transfert** ; fait d’exprimer pulsions sur personne même du psy ex Anna qui tombe amoureuse de Breuer ; révèle son amour inconditionnel pour son père, dont elle ne peut surmonter la mort… Avec prise de conscience plusieurs cas de figure se présentent : Soit désir est lié à une période révolu : il disparait alors de lui-même une fois revenu à la conscience (ex jalousie pour mon frère) Soit a un impact sur vie présente : il s’agit alors de prendre une décision mais cette fois-ci consciente ; soit accepter soit renoncer (ex [[orientation sexuelle]]). L’important est qu’on redevienne **suje**t de sa propre vie ; comme dit Freud : **le « je » doit devenir ou le « ça » était**. Il évoque aussi un autre mécanisme, la **sublimation** ; C’est le fait que l’énergie de la pulsion refoulée soit détournée sur un objet valorisé par la société Cette une telle sublimation qui est responsable **des grandes œuvres de l’esprit** et donc de l’avancée **de la civilisation** (Art, religion, philosophie, science...). L’énergie des pulsions refoulées suite aux exigences de la vie en groupe a pu être consacrée à des activités qui ont éloigné de plus en plus l’homme de son état premier. Or à un moment donné, la civilisation de par ses refoulements trop importants génère du malaise chez homme, oubliant trop sa part « animale ». Il convient donc de réfléchir sur les normes et valeurs qui sont transmises pour que l’individu soit heureux au sein de la civilisation. Freud, après Nietzsche se mue alors en **médecin de la civilisation**. [[bonheur pour Freud]] Il est difficile d’être heureux pour Freud, car individu doit concilier des exigences contradictoires : être adapté à la [[réalité]] (principe de réalité), être obéissant au [[Surmoi]], satisfaire pulsions soumises au principe de plaisir ([[sexualité]] du [[Ça freudien]]). Un homme sain est celui qui arrive à équilibrer ces différents pôles or ce n’est pas si simple ! Freud dès le début a subi critiques de ses contemporains, et notamment de scientifiques ou de philosophes. [[critiques de la psychanalyse]] [[Sigmund Freud]] [[Alain]] : dit que Freud tente de soumettre l'homme à un autre [[Moi]] que le moi conscient. La [[PSYCHANALYSE]] nous pousserait à nous soumettre à un mauvais ange (le [[Ça freudien]]) [[Jean-Paul Sartre]] : l'homme soumis au [[Ça freudien]] refuserait sa liberté ([[L'homme est condamné à être libre]]). Les individus pourraient alors se trouver de fausses excuses et faire preuve de "[[mauvaise foi]]" [[Karl Popper]] : pas scientifique ([[science]]). Ce sont des [[expérience]]s et pas des [[expérimentation]]. Le montage expérimental n'est pas sérieux. Tout d’abord [[Alain]], qui l’accuse de soumettre l’homme à un autre moi que le moi conscient un « diabolique conseiller », un mauvais ange. En sommes la psychanalyse conduirait à soumettre l’esprit au corps d’où des implications morales problématiques. Ensuite, **Sartre,** qui a poursuivi cette critique : l’homme soumis à l’inconscient ne se reconnaîtrait pas comme libre ; il pourrait alors à chaque fois se trouver de fausses excuses, faire preuve de **mauvaise foi.** Enfin **Popper,** qui considère que les théories freudiennes ne sont pas scientifiques car non soumises à des montages expérimentaux sérieux (ses expériences ne sont pas des expérimentations). Il s’agit là de pseudo sciences, pas plus légitime que le marxisme ou l’astrologie. Critique que l’on retrouve auj dans les **TCC** qui elle se targuent de reposer sur des observations sérieuses, gages de leur efficacité : le malaise provient d’une inadaptation à un environnement donné suite à un mauvais conditionnement ayant généré des **schémas mentaux** problématiques il s’agit alors de modifier ces schémas mentaux de **reconditionner** l’individu pour le rendre adapté ( ex timidité) Pb des tcc ; ne recherchent pas le sens des symptômes et surtout ne remettent pas en question normes et valeurs de société… *** ### **III-** **Conscience et liberté : L’homme peut-il encore être considéré comme sujet de lui-même ?** 1- Le problème du [[déterminisme]] [[critiques du libre arbitre]] [[Paul Ricœur]] les appelle comme ça car ils remettent en doute l'hégémonie de la conscience à diriger l'individu. philosophes du soupçon = [[Karl Marx]], [[Sigmund Freud]] et [[Nietzsche]] Freud : Derrière nos actions se cachent un ensemble de causes pouvant nous faire dire que "l'homme semble davantage agi qu'il n'agit" théories de [[Sigmund Freud]] sur l'[[inconscient]], "le [[Moi]] n'est pas le maître dans sa propre maison". Marx : [[Karl Marx]] : individus déterminés par des causes économiques et sociales : "*ce n’est pas la conscience qui détermine l’existence, mais l’existence sociale qui détermine la conscience*". [[matérialisme]]. Le monde dans lequel nous évolue structure nos pensées et nos désirs. Nietzsche : [[libre arbitre]] est une fiction visant à faire culpabiliser les individus alors qu'en réalité les individus sont soumis à une [[volonté de puissance]]. Pour Nietzsche, l'homme est finalement soumis à son corps avant d'être soumis à son esprit. Spinoza : Le premier à avoir critiqué le libre arbitre «  *Les Hommes se croient libres pour la seule raison qu’ils sont conscients de leurs actions, et ignorant des causes par lesquelles ils sont déterminés* » Les individus sont déterminés par des causes profondes qu'ils ignorent. Ces causes sont naturelles. Spinoza estime que l'homme n'est pas un "*empire dans un empire*". L'homme est dirigé par ses [[affect]] qui sont issus de lois naturelles. Ex : l'adolescent ne choisit pas de subir ses premiers émois amoureux [[volonté de puissance]] - [[Nietzsche]] L'individu est soumis à des forces d’ordre instinctif/corporel Les théories de Freud sur l’inconscient (avec cette idée que _« le moi n’est pas maître dans sa propre maison »)_  apparaissent remettre profondément en question la conception traditionnelle du sujet. En effet cette idée de sujet reposait sur le fait que l’homme disposait d’une pleine conscience de lui-même, qui lui conférait alors un libre arbitre d’où découlait sa pleine responsabilité. Or derrière cette conscience se cachent en réalité des causes psychiques profondes qui **déterminent** l’homme à agir de telle ou telle manière ; **l’homme semble davantage agi qu’il agit**. Or Freud n’est pas le seul à défendre cela. Dans un autre domaine, **Marx** avait montré que l’homme était lui aussi déterminé par des causes profondes qu’il ignore, et qui sont avant tout d’ordre **économique et social** : « _ce n’est pas la conscience qui détermine l’existence, mais l’existence sociale qui détermine la conscience_ ». Selon le type de société dans laquelle évolue l’individu et surtout la position qu’il y occupe, il sera amené à développer telle vison du monde et donc tel type de conduite. De même **Nietzsche** a pu montrer que le libre arbitre est une fiction visant à culpabiliser l’homme ; qu’en réalité il est soumis à des forces d’ordre instinctif/corporel (ce qu’il appelle la volonté de puissance) qui le déterminent à développer telle attitude face à la vie notamment dans sa résistance à la souffrance ; l’homme serait donc soumis en dernière instance à sa « grande raison » qui est le corps et non sa « petite raison », son esprit. Ces trois philosophes, Marx, Nietzsche, Freud, ont été qualifiés de **philosophes du soupçon** par Ricoeur, car ils mettent en doute ce primat de la conscience. Or en réalité, ces philosophes du soupçon ne font que reprendre une idée qui avait déjà été développé par Spinoza au XVIIème siècle qui expliquait que les hommes se croient libres, car ils ont conscience de leurs pensées, de leurs désirs, de leurs actions, or cette liberté est une **illusion** car en réalité ils ignorent les **causes profondes** qui les déterminent, les poussent à penser, désirer ou agir de la sorte. «  *Les Hommes se croient libres pour la seule raison qu’ils sont conscients de leurs actions, et ignorant des causes par lesquelles ils sont déterminés* » Ces causes profondes pour Spinoza sont naturelles. Par ex si la pierre que nous lançons disposait d’une conscience, elle se croirait libre de suivre telle ou telle trajectoire, ignorant que le mouvement lui est insufflé. L’homme d’après lui n’est pas un être à part dans la nature ; il n’est pas un **« empire dans un empire »** mais de par son corps, subit lui aussi les **lois naturelles**. Par ex le bébé n’est pas libre d’aimer ou non le lait. Comme l’adolescent n’est pas libre de ressentir ou non ses premiers émois amoureux. Or faut-il abandonner cette idée de sujet pour autant ? L’homme ne se distingue t-il pas malgré tout des autres être de la nature par sa capacité à penser ses déterminismes? [[naviguer dans le déterminisme]] L'individu, en prenant conscience de ses déterminismes ([[déterminisme]]) peut alors changer la cause pour modifier l'effet. C'est exactement ce que veut faire [[Sigmund Freud]] avec la [[PSYCHANALYSE]]. Une fois que le patient a compris le lien entre traumatisme et [[névrose]], l'individu peut retrouver les rênes de son existence en faisant des choix conscients. ([[effets d'une cure psychanalytique]]) De même pour les déterminismes sociaux. En comprenant d'où viennent les inégalités sociales, on peut changer les structures pour les éliminer : [[comprendre les freins permet de les démanteler]] Le déterminisme n'est pas le destin (contre qui il ne sert à rien de lutter) comme le souligne [[Alain]]. Le déterminisme explique que le monde est régi par des causes, il n'annule pas la liberté. En comprenant ces causes on peut au contraire disposer d'une marge de manoeuvre. **il s’agit non seulement de prendre conscience, mais bien de connaître pour pouvoir ensuite agir** [[Emmanuel Kant]] encourageait à se libérer de toutes les oppressions qui pèsent sur l'homme = [[anarchisme individualiste]] L'individu peut le faire et c'est ce qu'à montré [[Jean-Paul Sartre]] : [[L'homme est condamné à être libre]] En effet, grâce à la prise de conscience des déterminismes qui pèsent sur l’homme (psychique, social, biologique) l’homme peut tenter de les surmonter. Une fois mise à jour le lien entre la cause et les effets, on peut essayer, en **changeant la cause, d’obtenir un effet autre**. C’est bien le sens de ce que disait Freud : là où ça était je dois devenir ; une fois compris le lien entre le traumatisme et la névrose, l’individu peut retrouver les rênes de son existence en faisant désormais des choix conscients. Il en est de même avec la mise à jour des déterminismes sociaux. Si l’on comprend mieux pourquoi les inégalités sociales pèsent dans l’obtention des diplômes ou la réussite au concours, on peut mettre en place des stratégies pour casser ce mécanisme, par ex des aides aux devoirs, ou encore des enseignements adaptés ouverts à tous pour préparer le concours. En cela le déterminisme ne doit pas être confondu avec le **destin** comme le souligne [[Alain]]. Le destin renvoie à une croyance selon laquelle l’existence serait déjà tracée d’avance. (Ex. Œdipe). Le déterminisme renvoie à la conception selon laquelle tout effet a une cause ; les mêmes causes produisant les mêmes effets. En ce sens le déterminisme n’annule pas la liberté ; il rend possible au contraire une **marge de manœuvre** : connaissant la cause et la relation nécessaire à son effet, je peux modifier tel ou tel aspect de la cause pour obtenir un effet autre. **Ad il s’agit non seulement de prendre conscience, mais bien de connaître pour pouvoir ensuite agir**. Par ce biais, l’homme peut redevenir autonome, cad qu’il pourra se donner à lui-même sa propre loi. C’est déjà ce que développait Kant en invitant l’homme à se libérer des tutelles extérieures qui pesaient sur lui (le pouvoir politique ou encore les autorités religieuses). Désormais il s’agirait avec les philosophes du soupçon de se libérer des tutelles **intérieure**s pour redevenir maître de soi. En cela l’homme ne peut nier sa liberté fondamentale, ce qu’ a montré Sartre à sa manière 2- Liberté et existence [[L'homme est condamné à être libre]] La [[conscience]] de l'être humain permet de donner un sens à des situations et de prendre des décisions. **L'individu est donc ce qu'il fait de lui-même** ainsi que **ce que les autres ont fait de lui** Pour Sartre, « **l’homme est condamné à être libre** ». Grâce à sa conscience, il donne sens à la situation dans laquelle il se trouve et fait apparaître des **possibles** parmi lesquels il tranche, s’ouvrant ainsi un a-venir qui pourrait très bien être autre. En cela **il est ce qu’il fait de lui-même**. (il rajoutera par la suite **de ce que les autres ont fait de lui)**. [[l'existence précède l'essence]] Essence : ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est L'ensemble des caractéristiques essentielles permettant de la définir Ex : un coupe-papier lorsqu'il est créé a déjà une essence. Pour les objets, l'essence précède l'existence En naissant, l'être humain n'a pas d'essence, il a tout à être L'être humain existe, il se tient hors de lui-même. Exister pour un homme, c’est vivre, agir, et par là même s’arracher à ce que l’on est. Il va s'émanciper de sa condition première. Grâce à sa [[conscience]] il va pouvoir inspecter son [[Moi]] et décider : - de rester le même même si l'on n'est plus exactement le même ([[le Moi est une illusion]] ) - de changer plus fondamentalement en modifiant nos propres structures mentales L’homme apparaît donc non seulement **responsable de ce qu’il fait, mais bien plus responsable de ce qu’il est**, Pour Sartre nous avons donc toujours le choix, même si celui-ci se réduit à trancher entre la peste et le choléra (ex. Moulin) .. Sartre explique cela en montrant que pour l’homme « **l’existence précède l’essence »**. L’**essence** est ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est ; l’ensemble des caractéristiques essentielles permettant de la définir. Ex le coupe papier : un objet permettant de couper du papier grâce à sa lame. Son essence est donnée au départ, et à partir de celle-ci, l’artisan lui donne une existence en le fabriquant. Il n’en est rien pour l’homme ; à sa naissance, il n’est rien, il a encore tout à être ; son essence n’est pas fixée une fois pour toute, elle va se définir au fil du temps à travers ses actions ou expériences de vie. En cela, il _**ex-iste**_**,** cad il se tient hors de lui-même, sort de lui-même. Exister pour un homme, c’est vivre, agir, et par là même s’arracher à ce que l’on est. Cela est lié au fait que la conscience crée toujours un écart entre soi et soi, une non-coïncidence avec soi (par la conscience je « surplombe » mon propre être, comme si je me « dédoublais »). Par ex. lorsque je dis « je me connais », il y a en réalité une différence entre le « je » qui connaît et le moi qui est connu ; le moi est un « je ayant été », ce que j’ai été _jusqu’à_ ce retour sur moi. Je peux alors décider soit de demeurer le même (même si je ne suis déjà plus tout à fait _identique_ à moi), soit de changer plus fondamentalement (il y a certes des moments dans la vie plus propices à ce changement fondamental). [[mauvaise foi]] Lorsque l'être humain refuse sa liberté pour justifier ses actions ou son inaction. C'est dû à une angoisse : l'angoisse de la liberté. Sauf que cette mauvaise foi crée de la [[La culpabilité amène à la conscience de la liberté]] L’homme apparaît donc non seulement **responsable de ce qu’il fait, mais bien plus responsable de ce qu’il est**, et l’on comprend dès lors bien pourquoi la liberté peut apparaître pour certains comme un fardeau, se cherchant alors de **fausses excuses**, préférant évoquer les déterminismes qui pèsent sur eux pour nier cette pleine responsabilité. Ils font preuve de **mauvaise foi De là également pour l’homme** la profonde **angoisse** qu’il peut ressentir. L’angoisse se distingue de la simple peur. La peur est peur de qq chose, elle est déterminée ; l’angoisse est angoisse de rien, elle exprime le « vertige de la liberté »