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### Bibliographie
## Concepts importants
[[souverain bien]]
Pour les Grecs, c'est le [[bonheur]]
chacun aspire au bonheur. Lorsqu'on l'a, on est satisfait de ce que l'on est et de ce que l'on a. Mais est-ce vraiment accessible ? le bonheur dépend-il de nous?
Le bonheur constitue pour les Grecs, on l’a vu, le **Souverain Bien** ; le bien qui gouverne les autres biens, la fin suprême à laquelle toutes les autres sont subordonnées. Il renvoie à un état de bien être durable auquel chacun aspire, faisant que l’on est satisfait de ce que l’on est et de ce que l’on a. Or un tel état est-il vraiment accessible ? Comme son étymologie l’indique « bon heur » (la bonne augure), il semble tributaire d’une part de chance ; d’un autre côté il apparaît aussi découler de nos choix et de notre action, de par la manière dont nous conduisons notre vie, en cherchant à réaliser nos désirs. Dès lors le bonheur dépend-il de nous? Et définir le bonheur comme un but à atteindre, dans un avenir prochain, n’est-ce pas risquer de passer à côté de celui-ci ? 3 axes :
- Il s’agira de questionner dans un 1er temps les rapports temps et bonheur, car c’est à travers notre existence qui est **temporelle** que nous cherchons à être heureux. Or notre rapport au temps conditionne d’une certaine manière notre bonheur.
- Puis dans un 2ème temps, d’interroger les rapports entre bonheur, désir et plaisir, le désir apparaissant particulièrement problématique dans la quête de bonheur.
- Enfin dans un 3ème temps d’aborder les rapports entre bonheur et liberté, en interrogeant l’aptitude de l’homme à être heureux, en la confrontant à la chance, ou encore à la « fatalité ».
### **I-** **Le bonheur et le temps : le temps est-il un obstacle au bonheur ?**
1- Qu’est-ce que le temps ?
Texte de St Augustin (397-401) p. 420, grand philosophe de l’Antiquité et théologien, ayant cherché à concilier platonisme et christianisme.
[[Le temps]]
[[Saint-Augustin]] : notion abstraite, difficile à envisager
> le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore, et le présent ne cesse de passer
Ne renvoie pas à une [[réalité]] définissable car il passe en permanence. Nous ne percevons que le changement. Si nous pouvons le faire, c'est grâce à notre [[conscience]] et notre [[mémoire]] qui nous permet, avec nos souvenirs, de voir ce qui a changé et ce qui n'est plus.
En se souvenant de certaines choses, on accède au "présent du passé"
Et en en anticipant d'autres, on accès au "présent de l'avenir"
St Augustin explique dans ce texte que le temps est une réalité difficile à saisir. Tant qu’on ne me pose pas la question, disait-il je crois le savoir (je le sens s’écouler), or dès que je me penche dessus, je suis incapable de répondre car **le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore, et le présent ne cesse de passer.** Le temps étrangement ne semble pas renvoyer à une réalité définissable, car il passe en permanence. Ce que je perçois c’est qu’il y a du **changement.** Au présent, j’ai conscience du changement et je peux ramener à la conscience des **souvenirs**, des images de ce qui n’est plus. Le passé en réalité est donc le **présent du passé**. De même pour l’avenir : constatant du changement au présent, je peux **anticiper** sur ce qui n’est pas encore, **imaginer** ce que va advenir. Or il s’agit là du **présent de l’avenir** qui me met en situation d’attente, Et ce présent finalement, je le saisis en lui prêtant attention, en étant présent à lui ( c’est le **présent du présent**) mais aussitôt il disparaît (d’où la complainte de Lamartine : Ô temps suspend ton vol !).
[[Le temps]]
[[héraclite]] : on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve
bouddhisme : impermanence de toute chose + irréversible
Il est peut être visualisé comme une flèche.
[[temps objectif]]
[[Aristote]] : perçoit le temps comme un mouvement, il le mesure comme ça. Ex : les aiguilles du montre qui bouge et qui permettent de matérialiser le temps en découpant une suite d'instants homogènes.
différent du [[temps vécu]]
[[temps subjectif]]
[[Henri Bergson]] : le temps est subjectif, il a un aspect **qualitatif**. **Temps vécu**. Selon les [[individu]]s, une heure peut passer super vite si l'on se fait chier ou si l'on s'amuse.
Le temps ne semble donc pas une réalité substantielle (qui subsiste) puisqu’il ne cesse de passer. Ce que je perçois c’est qu’il y a du **changement** (**Héraclite** disait qu’ »on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », les bouddhistes parlent de l’**impermanence** de toute chose) et que le temps est **irréversible,** cad qu’on ne peut retourner en arrière et faire que ce qui a été ne soit plus, comme si le temps suivait une **flèche** (cf. texte de Hawking la flèche du temps). C’est justement à partir de cette idée de mouvement entre un « avant » et un « après » qu’on a cherché à définir le temps. Ainsi Aristote disait que **le temps est le nombre d’un mouvement selon l’antérieur et le postérieur**. Tel est le temps « objectif » qui est mesurable, **spatialisé** (on perçoit son passage en observant par ex. l’aiguille de la montre qui avance), renvoyant à une suite **d’instants homogènes** (ex chaque heure dure 60 mn, chaque minute 60 sec…). Or comme le dit **Bergson** ce temps objectif diffère du **temps vécu** par la conscience, qu’il appelle la **durée**, qui est au contraire un temps **qualitativement** différent selon la subjectivité de chacun (par ex une heure va me paraître interminable car je m’ennuie ; au contraire si le cours est intéressant, je ne vois pas l’heure passer… De même il y a des moments dans une vie qui nous marquent à jamais, qui ne sont pas comparables aux autres « instants » : le jour de mon mariage, la naissance d’un enfant, un accident etc.)
[[temps relatif]]
[[Albert Einstein]]
[[Le temps]] est compris aujourd'hui comme relatif. Il diffère selon la position et la vitesse de l'observateur. Il n'est pas le même selon l'endroit où l'on se trouve dans l'univers.
Ex : si l'on envoie une fusée dans l'espace à la vitesse de la lumière pendant 50 ans, puis qu'elle revient. Les habitants de la Terre seront bcp + vieux que les astronautes
ex : la planète des singes
NB- cette question d’un temps objectif ou subjectif a traversé toute l’histoire de la philosophie. Par ex **Newton** à la fin du XVIIème considérait qu’il y avait un temps **absolu**, un temps astronomique qui était extérieur à l’homme. **Kant au contraire considèrera** le temps comme la **structure a priori de toute expérience possible** ; toute objet dont l’homme fait l’expérience nous apparaît d’emblée dans le temps (et l’espace) selon un ordre de **succession**, un « avant » et un « après » ou de simultanéité. Aujourd’hui, à la suite de la théorie de la relativité de **Einstein**, le temps est compris comme **relatif** cad qu’il diffère selon la position et la vitesse de l’observateur (il ne serait donc pas le même selon où nous nous trouvons dans l’univers)
Toujours est-il qu’il n’y a que l’homme qui mesure le temps, et ce rapport temporel à la réalité a des implications profondes sur l’**existence** humaine, et son histoire.
2- Temps et existence
[[condition de l'être humain]]
[[Jean-Paul Sartre]] et [[Martin Heidegger]]
Dans l'[[existentialisme]] :
L'être humain est marqué par la **finitude**. Notre vie est bornée temporellement. L'être humain est *jeté là*, c'est [[contingent]], ça aurait pu ne pas arriver. Nous devons assumer notre [[fasticité]]. ([[naviguer dans le déterminisme]])
Mais si notre temps est compté, c'est aussi ce qui fait sa valeur.
[[Martin Heidegger]] : nous sommes des *"êtres pour la mort"*
Même si cela peut paraître [[absurde]] car nous mourrons de toute façon, c'est ce qui donne de la valeur à la vie et c'est ce qui nous pousse à passer du [[chronos]] au [[kairos]] pour viser le [[bonheur]]
Les êtres humains sont donc tournés vers l'avenir et veulent le choisir ([[l'existence précède l'essence]] et [[naviguer dans le déterminisme]]). Ils sont tiraillés par cette *"intranquillité"*, cette angoisse fondamentale dont parlait [[Martin Heidegger]]
[[finitude]]
Cela signifie que l’homme est limité dans le temps : il naît, il vit, il meurt. Contrairement à Dieu (qui serait infini), l’homme sait qu’il ne vivra pas éternellement.
[[fasticité]]
[[Jean-Paul Sartre]] et [[Martin Heidegger]]
Cela désigne tout ce qui, dans notre existence, ne dépend pas de nous : notre naissance, notre famille, notre époque, etc. Ce sont des faits bruts que nous devons assumer. [[déterminisme]] et
[[chronos]]
temps au sens de dégénérescence
[[kairos]]
temps au sens de l'occasion à saisir, pour créer, réaliser des projets, s’épanouir…
Comme l’explique l’**existentialisme**, l’homme est marquée par la **finitude,** cad que son existence est bornée temporellement (par opposition à Dieu infini). L’une des aspects fondamentaux de la condition humaine est que l’homme est « jeté là » (il est « **dasein »**), de manière **contingente** (il aurait très bien pu ne pas être, telle est sa **facticité originelle,** même si ensuite des déterminismes vont peser sur lui), qu’avec sa naissance, il surgit dans un espace et un temps qu’il n’a pas choisis, pour un temps donné, jusqu’à sa disparition, la **mort**. En cela, il est *« un être pour la mort »* comme dit **Heidegger** ; dès qu’il naît, il est déjà assez vieux pour mourir, se dirigeant inlassablement vers son terme. La vie sous cet angle pourrait apparaître **absurde** si l’on en reste à une dimension biologique : si la vie est bien « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort » comme dit le biologiste Bichat, on pourrait en conclure que c’est la mort au final qui finit toujours par gagner le combat. Or c’est justement parce que nous devons mourir un jour que la vie prend toute sa **valeur** et que nous cherchons à la **vivre au mieux** (non pas survivre tel l’animal, mais bien vivre, d’où la réflexion sur la **vie bonne**, ad le bonheur). On passe alors du temps comme **Chronos** qui est dégénérescence à **kairos** qui est occasion, moment opportun à saisir, pour créer, réaliser des projets, s’épanouir…
La vie apparaît alors orientée vers l’à-_venir_ ; l’homme est avant tout « **pro-jet** » comme dit **Sartre**; jeté au devant de lui-même, agissant au présent en faisant des **choix** parmi les **possibles** qui s’offrent à lui, en vue d’un avenir qui pourrait très bien ne pas être et qui devient inlassablement passé, pesant à nouveau sur les choix au présent. D’où cette **angoisse** fondamentale ou ce « **souci** » dont parle Heidegger, cette « intranquillité ».
[[condition de l'être humain]]
Mais [[Nietzsche]] : Le passé peut entraîner des regrets, remords et de la [[culpabilité]]. Il peut finir par étouffer l'[[élan vital]] qui est nécessaire à la création.
Il n'encourage pas le refoulement, ni l'effacement mais plutôt l'idée de nouer une relation apaisée au passé pour réaliser un vrai travail de deuil et ainsi dépasser le passé.
[[élan vital]]
[[pulsion de vie]], [[conatus]], [[amour de soi]] ?
nécessaire à la création
Un tel avenir devenu passé peut entraîner regrets, remords culpabilité. Comme dit Nietzsche il peut devenir un fardeau que l’on porte sur ses épaules, à tel point qu’il peut finir par étouffer **l’élan vital** nécessaire pour créer. C’est pourquoi pour Nietzsche, il est parfois préférable d’oublier si l’on veut avancer ; non pas refouler, ni effacer, mais nouer une relation apaisée au passé en faisant un véritable travail de deuil ; c’est à cette condition que le passé pourra être dépassé…
[[HISTOIRE individuelle]]
L’existence humaine peut prendre alors la forme d’une trame, rythmée par des évènements ou périodes que l’on peut **raconter**,
[[Paul Ricœur]] : *"homme est son histoire"*
Il la construit en permanence et la raconte différemment selon le projet voulu (cf : [[Jean-Paul Sartre]])
Et chaque histoire individuelle s'inscrit dans l'[[HISTOIRE]]
L’existence humaine peut prendre alors la forme d’une trame, rythmée par des évènements ou périodes que l’on peut **raconter**, dont on peut faire l’**histoire**. Comme dit **Ricoeur l’homme** _**est**_ **son histoire** ; une histoire qu’il construit par ses actes et qu’il réinterprète en permanence selon son projet présent (en cela le passé peut toujours réapparaître sous un nouveau jour cf. Sartre). Or mon histoire s’inscrit dans une histoire plus large, qui est celle du peuple auquel j’appartiens, et plus largement celle de l’humanité.
[[déclin chez les Grecs]]
[[Le temps]] chez les Grecs a pu être perçu comme un déclin
ex: [[hésiode]] avec le passage de l'âge d'or à l'âge de fer
En fonction des peuples le temps a pu être représenté différemment. Par ex les peuples premiers ont pu développer une conception **cyclique** du temps. Chez les Grecs le temps a pu être pensé comme **déclin**, comme l’illustre Hésiode avec le passage de l’âge d’or à l’âge de fer, que reprend d’une certaine manière Platon. Chez les modernes au contraire, à la suite de la philosophie des Lumières, le temps sera davantage conçu sous l’angle d’un [[progrès]] (pro-gressus : pas en avant).
[[HISTOIRE]]
Fondée par [[Hérodote]] (guerres médiques) puis poursuivie par [[Thucydide]] (guerres de Péloponnèse)
Souhaitent connaître le passé selon une exigence de [[vérité]]
Fixe les grandes lignes de l'éthique de l'historien
NB- La mémoire collective des peuples est toutefois partiale et partielle, d’où l’apparition chez les Grecs, d’une nouvelle discipline visant à **connaître le passé selon une exigence de vérité** : l’**Histoire**. Son fondateur est **Hérodote** à la suite de son étude des Guerres médiques qui entend être une **historia**, une enquête, projet poursuivi par **Thucydide** étudiant les guerres du Péloponnèse, qui va fixer les grandes lignes de ce que sera l’éthique de l’historien.
L’homme dispose donc d’un « laps de temps » dans le cadre duquel il peut créer, se construire, s’épanouir. Dès lors comment faire pour être heureux ?
[[Rester dans l'instant présent]]
[[Blaise Pascal]] : les êtres humains ont tendance à trop vivre dans le passé ou l'avenir et oublier l'instant présent. En faisant cela, ils se pourrissent la vie. Le bonheur peut se trouver dans l'instant.
> **nous ne vivons jamais, mains nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais
NB ce rapport au temps peut apparaître problématique, en ce sens que l’homme a tendance à se détourner comme le dit **Pascal** du plus important : le présent. Portant le poids du passé (à travers le regret, le remords, culpabilité), soumis à l’angoisse ou l’espérance face à l’avenir, il ne profite plus de l’instant présent (à la différence de l’animal ou encore de l’enfant qui vit dans l’innocence du devenir), qui est pourtant le seul à notre portée. Ce n’est du reste pas un hasard si toutes les sagesses insistent sur le lien entre le bonheur (ou du moins la **joie**) et le présent : ce n’est qu’au présent qu’on peut – qu’on se doit- être heureux. Comme dit Pascal **« nous ne vivons jamais, mains nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais ».** Dès lors comment agir au présent pour être heureux, ici et maintenant ? Il s’agit dès lors de réfléchir sur l’une des causes du trouble de notre esprit : le **désir.**
### II- Bonheur et désir : être heureux est-ce satisfaire tous ses désirs ?
1- Désir et manque Texte de Platon p.54
[[Platon]] oppose dans ce texte célèbre du Gorgias deux conceptions de l’existence et du bonheur, représentés par Socrate et Calliclès.
[[hédonisme absolu]] - [[Gorgias (Platon)]]
[[Calliclès]]
Idée que bonheur = vie rempli de plaisir où on accomplît tout ce qui nous plaît dans une quête d'intensité
Tout personne qui condamne ça serait juste faible et incapable de réaliser ses [[passions]]
[[Nietzsche]]
> homme du ressentiment
Mais, critique de [[Socrate]] :
l'hédonisme absolu ne peut pas mener au véritable bonheur car :
-> individu soumis à ses [[désirs]]
-> cherche une quête sans fin et donc absurde (exemple du Tonneau des Danaïdes)
[[souverain bien]]
Le bonheur est un état de bien être durable où l'on est satisfait de ce que l'on est et de ce que l'on a
incompatible avec l'[[hédonisme absolu]]
Il est nécessaire de maîtriser ses [[désirs]] au moyen de la [[raison]]
Pour Calliclès une vie heureuse est une vie remplie de plaisirs, une vie de jouissances, où il convient d’accomplir tout ce qui nous plaît dans une quête effrénée d’intensité. Sa conception pourrait être qualifié d’hédonisme absolu (hédon : plaisir) Celui qui condamne cela (notamment au nom de la morale) ne serait qu’un homme faible, incapable de réaliser ses passions, ce que Nietzsche appellera plus tard l’homme du ressentiment.
Or pour Socrate une telle vie est incapable d’apporter un bonheur authentique, car l’individu soumis à ses désirs en voudra toujours plus, sombrera dans la démesure (excès : hubris), pour au final être à jamais insatisfait de ce qui est. Platon illustre cela avec l’image du tonneau des Danaïdes, (des jeunes femmes, filles du Roi Danaos, condamnées par les dieux pour avoir tué leurs maris le soir de leurs noces, sauf une qui ne le fit pas). Leur peine consiste à remplir un tonneau or celui-ci étant percé, le liquide n’en finissait pas de s’écouler, ce qui rend leur tache infinie et par là même absurde. Le désir est comparable à un tel tonneau d’après Platon car il renvoie à un manque impossible à combler. Dès lors chercher à assouvir tous ses désirs ne peut conduire au bonheur si l’on considère le bonheur comme un état de bien être durable, faisant que l’on est satisfait de ce que l’on est et de ce que l’on a.
[[désirs]]
tendance qui nous porte vers un objet que l'on imagine source de satisfaction
Il est par nature insatiable
Mais problèmes :
-> il est multiples et possiblement contradictoire, il faut choisir
-> désir est parfois si fort qu'il peut nous emporter et nous conduire à l'[[hubris]]. Nous perdons alors le contrôle sur nous-mêmes.
Pour [[Platon]], il faut maîtriser le désir au moyen de la [[raison]] et suivre une vie modérée qui conduit au bonheur
Critique de [[Schopenhauer]] :
-> désir peut mener à de la frustration s'il n'est pas assouvi
-> s'il est assouvi, il peut mener à un plaisir mais éphémère et pas à la hauteur de l'attente ce qui mène à de la déception et laisse place à un nouveau désir, plus important
-> lorsqu'on perd une chose importante, on se rend compte qu'on était heureux avant (inutilité du désir)
Résultat = il appelle à limiter au maximum l'influence du désir sur soi
[[hubris]] = démesure, intempérance. Très condamné chez les grecs.
Qu’est ce que le désir ? Le désir peut être défini comme une tendance qui nous porte vers un objet (chose, situation, personne que l’on imagine source de satisfaction. Outre son caractère insatiable il apparaît également problématique à d’autres niveaux
D’une part le désir se décline en des désirs multiples et possiblement contradictoires: Satisfaire tous ses désirs conduirait à mener une vie dissolue. Dès lors que choisir?
D’autre part, le désir est parfois si fort qu'il peut nous emporter (d’autant plus qu’il se nourrit d’illusions) et nous conduire à l'hubris (démesure, intempérance). On ne se gouverne donc plus soi- même
cf. Platon dans le Phèdre avec l'exemple de l'attelage ailé, composé d’un char conduit par un cocher (représentant la raison) et deux chevaux (représentant la volonté et le désir). Celui des dieux monte au plus haut dans les cieux (les deux cheveux obéissent au cocher), alors que celui humain peine à s’élever et suit une trajectoire accidentée car l’un de deux chevaux n’en fait qu’à sa tête : celui représentant le désir.
Il convient donc d’après Platon de maîtriser le désir à l’aide de la raison de manière à mener une vie tempérante et d’accéder au bonheur
NB- Schopenhauer, philosophe allemand pessimiste du XIXème avait repris une telle vision négative du désir, en expliquant que tant que l’homme était soumis au désir, il ne pourrait atteindre le bonheur car le désir le rend insatisfait de ce qui est. Certes le désir pousse donc à agir pour obtenir satisfaction, or soit le désir ne peut être accompli (ce qui conduit à la frustration) soit il peut l’être mais le plaisir obtenu est de courte durée et non à la hauteur de l’attente, d’où au final la déception et la renaissance du désir. C’est d’ailleurs souvent après coup que l’on découvre que l’on était heureux, lorsqu’on en perd ce qu’on avait (par ex la santé). C’est pourquoi Schopenhauer très influencé par le bouddhisme invitait à limiter au maximum la force du désir sur soi, de manière à ne plus avoir à souffrir. Or une telle existence est elle vivable sans désir, ni plaisir ? Les sagesses grecques ont tenté justement de concilier désir et raison.
2- Bonheur et plaisir : la voie épicurienne
[[Épicure]] (-341, -270) **grand** philosophe grec
[[épicurisme]]
plaisir est vu comme fondamental dans l'existence. Il est le moyen et la fin de la vie bonne.
En effet, EH = corps qui avec ses [[sens]] cherche plaisir et fuit douleur
Il faut pas chercher le plaisir de partout (tah l'[[hédonisme absolu]]), il faut trouver le plaisir en repos où la douleur est absente
Il faut donc chercher les bons plaisirs qui peuvent mener au [[souverain bien]] (épicurisme = [[eudémonisme]])
bons désirs à satisfaire avec mesure = désirs naturels et nécessaires :
-> [[besoins primaires]]
-> ceux qui concourent à la vie ([[conatus]])
-> ceux liés à la nature humaine (philosophie, amitié)
bons désirs à satisfaire sans devenir dépendant = désirs naturels et non nécessaires :
-> sexualité
-> relations sociales
-> bien manger
désirs vains et conduisant à l'[[hubris]] = désirs non naturels et non nécessaires :
-> drogues
-> richesse
-> pouvoir
-> immortalité
En suivant cette voie on parvient au bonheur, compris comme [[ataraxie]] et passant par l'[[aponie]]. Pour atteindre cela, il préconise le [[tétrapharmakos]]
considère que plaisir est fondamental dans l’existence ; qu’il est le principe et la fin de la vie bonne. Cela tient au fait que l’homme est avant tout un corps, qui de par ses sens naturellement recherche du plaisir et fuit la douleur. Or comme le précise
bien Epicure, il ne s’agit pas là du plaisir des « débauchés » : tout plaisir n’est pas propice à nous rendre heureux, certains peuvent même apporter davantage de troubles que de bien-être. Il s’agit dit-il d’un plaisir en repos, qui renvoie davantage à une absence de douleur (et en cela l’épicurisme authentique n’a rien à voir avec ce que l’on appelle épicurisme aujourd’hui, consistant à « jouir sans entrave », recherchant toute forme de plaisir sans mesure dans le cadre d’un hédonisme absolu.) Il va donc s’agir pour Epicure de distinguer parmi les plaisirs (et donc en amont les désirs) ceux dignes d’être recherchés, pour autant qu’il concourt à un authentique bonheur (le bonheur reste le souverain Bien et l’épicurisme en ce sens est bien un eudémonisme) D'où cette typologie, reposant sur un calcul plaisir/ peine:
[[eudémonisme]] = doctrine [[morale]] selon laquelle le but de l'action est le [[bonheur]]
1) Tout d’abord les désirs naturels et nécessaires, c'est-à-dire qui sont liés à la nature de l’homme, qui en découlent nécessairement (et dont la non satisfaction générerait de la souffrance).
(ex- ceux qui concourent au bien-être du corps : besoins primaires, boire, manger, dormir) ; ceux qui concourent à la vie (protection contre le froid, les dangers...) ceux qui concourent au bonheur, lié à la nature humaine (pratique de la philosophie du fait de sa nature rationnelle, l’amitié du fait de sa nature sociale...). Il convient de les satisfaire (toujours dans une juste mesure).
2) Les désirs naturels et non nécessaires, à satisfaire de temps à autres, à condition de ne pas en devenir dépendant (ex. manger des mets délicats, ou encore sexualité – qui relève d’une nécessité toutefois à l’échelle de l’espèce)
3) Les désirs ni naturels ni nécessaires (désirs vains): à éviter absolument, car étant illimités et impossibles à combler, ils conduisent à la démesure (hubris) et sont générateurs de souffrances (richesses, pouvoir, immortalité...)
[[ataraxie]] = tranquillité de l'âme
[[aponie]] = absence de troubles du corps. Pour cela -> [[aponie]]
Par ce biais il sera possible de parvenir au bonheur compris comme ataraxie (tranquillité de l'âme), une telle ataraxie passant par l'aponie (absence de troubles du corps).
[[tétrapharmakos]]
Pour atteindre l'[[aponie]] et donc l'[[ataraxie]], il faut adopter ces quadruples remédes :
-> les dieux existent mais ne se soucient pas des êtres humains
-> nous ne rencontrons jamais la mort donc inutile de s'en soucier
-> le [[souverain bien]] est accessible sauf si l'on a des idéaux inconsidérés
-> la douleur est supportable, il existe des moyens de l'atténuer
NB- Il convient pour éviter les troubles de pratiquer le tétrapharmakos (quadruple remède) :
- il n’y a rien à craindre des dieux (les dieux existent, mais ils ne s’occupent pas des hommes ; ad renoncer aux croyances irrationnels qui nous troublent)
- il ne faut pas s'inquiéter de la mort (« quand nous sommes la mort n’est pas présente, quand la mort est présente, alors nous ne sommes pas ») ; lorsque nous mourrons la sensation est d’emblée interrompue, les atomes composant le corps commencent alors à se dissocier, et l’âme n’étant qu’une partie du corps se désagrège aussi). Il ne sert donc à rien de s’en soucier.
-le bonheur est accessible (à condition de ne pas avoir d’idéaux inconsidérés)
-la douleur est supportable (on peut trouver les moyens de l’atténuer, par un travail sur le corps – alimentation comme première des médecines etc. - et l’esprit)
Ainsi Epicure a développé une philosophie pratique permettant à chacun de parvenir à un bonheur authentique compris comme ataraxie. D’une certaine manière, on peut trouver auj en Pierre Rabhi un lointain héritier de cette approche, en proposant, face à l’hédonisme effréné dominant dans notre société de consommation, ce qu’il appelle une sobriété heureuse. Une telle attitude pourrait en outre constituer une solution aux problèmes écologiques croissants que la société d’abondance, fondée sur la multiplication de désirs ni naturels, ni nécessaires, a contribué à générer.
#### III- Bonheur et liberté : le bonheur dépend-il de nous ?
1- Le bonheur comme vertu
[[stoïcisme]]
Début avec [[Zénon de Cittium]] et influence grandement les philosophes jusqu'à aujourd'hui
Auteurs importants : Sénèque (4- 65)- ministre de Néron -, Epictète - esclave affranchi- (50-130), et Marc Aurèle - empereur de Rome (121-180).
Leur problème : comment être heureux dans un monde où la souffrance est omniprésente ?
Pour stoïciens, souffrance provient de la différence entre :
- représentations, jugements, [[désirs]], aversions (dépend de nous)
- et la [[réalité]]
Pour ne plus souffrir, il suffit de changer nos [[représentation]]s et de maîtriser nos désirs.
[[Épitecte]] : il faut concentrer nos actions sur ce qui dépend de nous et accepter ce qui ne dépend pas de nous. C'est donc une philosophie qui encourage à l'acceptation de notre condition.
La réalité qui nous entoure ne dépendant globalement pas de nous, il faut changer notre intérieur. La réalité est soumise à une sorte de destin
ex : tu nais esclave, tu n'y peux rien il faut l'accepter
"ce qui arrive devait arriver"
-> influence sur la Providence Chrétienne
Encouragement à rendre nos désirs "réalisables", possibles et à abandonner les désirs impossibles
[[Jean-Paul Sartre]] : "vouloir ce que l'on peut pour pouvoir ce que l'on veut"
il faut cultiver la
[[vertu cardinal]] -> vertus cardinales
pour atteindre l'[[ataraxie]] qui cette fois passe par l'[[apathie]]
Stoïcisme s'oppose à l'[[existentialisme]] car [[L'homme est condamné à être libre]], Sarte parle de [[contingent]], tout peut arriver, c'est la charge de l'être humain.
Le Stoïcisme (de stoa : « portique », sous lequel enseignait le fondateur de l’école Zénon de Cittium au IIIème siècle av JC) constitue l’un des plus grands courants philosophiques de l’Antiquité, qui continue à influencer grandement la philosophie moderne, notamment du point de vue moral (cf. Descartes, Pascal, dans une certaine mesure Nietzsche). Parmi les grands représentants, on peut citer Sénèque (4- 65)- ministre de Néron -, Epictète - esclave affranchi- (50-130), et Marc Aurèle - empereur de Rome (121-180).
Le point de départ de l’interrogation stoïcienne est de savoir comment être heureux dans un monde nous faisant subir autant de souffrances (guerres, inégalités, épidémies, maladies, deuils, échecs...) ? Pour les Stoïciens, la souffrance provient essentiellement du fait que la réalité ne correspond pas à nos désirs, d'où la nécessité de travailler sur ceux-ci.
cf. texte Epictète
Epictète établit une distinction célèbre entre ce qui dépend de nous, et ce qui ne dépend pas de nous
Ce qui dépend de nous, ce sont nos représentations, jugements, désirs, aversions, nos actions qui en découlent ; plus largement tout ce qui nous est intérieur. Ce qui n'en dépend pas renvoie au corps, à la santé, aux honneurs, aux richesses, plus largement à la réalité extérieure. Parce que ce qui dépend de nous nous est intérieur, on peut travailler directement dessus, et tenter de le modifier. Alors que la réalité extérieure est soumise à une nécessité face à laquelle nous sommes impuissants ; nécessité s’apparentant à une forme de destin. Ce qui arrive est le fruit d'une succession de cause à effet s'imposant à nous, mais certains stoïciens vont jusqu’à dire que ce qui arrive doit arriver, comme si une grande Raison conduisait l'ensemble (en cela les stoïciens influenceront d’une certaine manière la conception de la Providence chrétienne).
Nous souffrons en réalité car cette nécessité ne correspond pas à nos attentes. Ce ne sont pas tant les choses qui nous affectent, que le jugement que nous portons sur les choses, selon la représentation que nous en avons. Par ex la perte d’un être cher nous révolte car on désire qu’il demeure parmi nous. Or le fait de considérer qu’il devrait être là, au lieu d’accepter cette perte face à laquelle nous sommes impuissants, accroît la souffrance. Il conviendrait dès lors de changer notre regard sur les choses (ce qui est certes difficile), de se libérer des affects associés à ce regard, pour accepter ce qui est. Comme dit Epictète: "Ne demande pas que les choses arrivent comme tu veux, mais veuilles que les choses arrivent comme elles arrivent et tu seras heureux". Il conviendrait d’accorder nos désirs à l’ordre du monde, idée que reprendra par la suite Descartes dans sa morale provisoire lorsqu’il dira qu’il est parfois préférable de « changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde".
Autrement dit il ne s’agirait pas tant d’abandonner ses désirs que de chercher à accomplir les désirs réalisables (faire alors du désir une volonté raisonnable), et renoncer aux désirs irréalisables, car sources inévitables de souffrances ; en somme comme le reprendra Sartre vouloir ce que l’on peut pour pouvoir ce que l’on veut. Cf Epictète, exemple des jeux olympiques : si l’on veut participer aux jeux olympiques, encore faut-il en avoir les capacités physiques ou mentales, sous peine d’échouer lamentablement...
Nb : réel/possible/ impossible
Est réel ce qui est.
Est possible ce qui n’est pas, mais peut être. Il s’agira alors de réfléchir ensuite à sa probabilité cad à quel degré de possibilité tel phénomène pourrait se produire.
Est impossible ce qui n’est pas, mais ne peut être, car la nécessité l’en empêche (ex. remonter dans le passé).
[[apathie]] = absence de passions
Par ce travail sur soi, consistant à cultiver la vertu (notamment les vertus cardinales tempérance, courage justice, prudence) on pourra parvenir au bonheur, compris comme ataraxie ; une telle ataraxie passant par l'apathie: l’absence de passion (patire : subir) afin de ne pas être troublé (voir texte sur le festin).
[[L'homme est condamné à être libre]]
nos choix peuvent être horribles mais il faut choisir à l'aide de sa [[conscience]] et accepter ce qui est
NB On pourrait opposer cette conception stoïcienne fondée sur la nécessité à l’approche sartrienne, selon laquelle, au contraire, tout relève d’une contingence radicale (tout aurait pu être autre), d’où ce fait que « l’homme est condamné à être libre » ; liberté résidant dans la capacité à choisir parmi les possibles qui s’offrent à lui (selon le sens donné aux choses par sa conscience). Or comme le reconnaît Sartre, le choix peut tout à fait s’effectuer entre des possibles non enviables (choisir entre la « peste et le choléra »), et au final la liberté raisonnable consiste bien à accepter, un moment ou un autre, ce qui est.
[[stoïcisme]]
pas de fatalisme ou de passivité.
On nous a donné un rôle, il faut l'embrasser à fond. (mais [[l'existence précède l'essence]])
-> si tu nais dans une famille pauvre exploitée, il faut que tu te donnes à fond dans ce rôle
Plus largement il s’agit pour les Stoïciens d’accepter la place qui nous est attribuée en ce monde et d’accomplir au mieux le rôle qu’il nous est donné de jouer.
Ainsi le stoïcisme développe une conception héroïque de l’existence ; loin de prôner le fatalisme ou la passivité, il s’agit avant tout d’agir sur soi afin d’accepter la réalité, puis utiliser son énergie pour réaliser ce qu’il est possible de réaliser. Nietzsche prolongera une telle idée dans son « amor fati » ; « aime ce qui est, aime ce qui t’échoie ». Or comme le dit Hegel la liberté prônée par les stoïciens est toute intérieure, et elle repose sur une croyance à laquelle les modernes ne peuvent plus souscrire, le destin. Or une telle liberté a-t-elle vraiment un impact sur le monde? Par ex. esclavage aurait-il pu être aboli avec une telle philosophie? Ne confine-t-elle pas au final à une forme de conservatisme? Et Suffit-il d’être vertueux comme le propose les stoïciens pour être heureux ?
2- Le bonheur comme idéal de l’imagination ?
[[bonheur est inatteignable]]
[[Emmanuel Kant]] développer les [[vertu cardinal]] ne suffit sûrement pas à nous rendre heureux, elles nous donnent juste le mérite de l'être.
-> vie est trop instable, la chance ou la malchance peut trop nous déstabiliser dans notre [[ataraxie]]
[[Joie pour Spinoza]]
Comme le dira Kant la vertu ne suffit sans doute pas pour nous apporter le bonheur, mais nous rend dignes d’être heureux. Or ce n’est pas une certitude, car certains aléas de l’existence (et ici le facteur chance/malchance – hasard heureux ou malheureux) font que l’on peut vite être déstabilisé. De même tous ne s’accordent pas sur ce qu’est le bonheur, si bien que d’après Kant, le bonheur apparaît davantage comme un idéal de l’imagination qu’un concept établi par la raison. Faut-il donc renoncer à un tel idéal ? Certains philosophes modernes préfèreront à ce bonheur compris par les Anciens comme état de bien être intérieur, de plénitude, celui de joie, plus dynamique : Spinoza, Nietzsche, Freud. A défaut du bonheur, la joie serait peut-être davantage à notre portée (cf. Freud : maintenir un tel équilibre semble difficile en raison des différentes exigences contradictoires qui pèsent sur nous).
[[conatus]]
lorsque le conatus n'est pas entravé, l'être humain ressent beaucoup de [[Joie pour Spinoza]] car il passe à une plus grande perfection
s'il est entravé -> [[tristesse pour Spinoza]]
Les sentiments apparaissent comme des combinaisons de ces [[affect]]s fondamentaux
sentiment joyeux = espoir, sécurité...
sentiments tristes = détresse, désespoir, haine, crainte
**Au final, on pourrait finalement dire qu’un homme est heureux lorsqu’il peut accomplir les potentialités qui sont comprises en lui, s’élevant ainsi dans la joie.**
NB- C’est notamment Spinoza qui a fait de la joie un concept fondamental, ne faisant par l’économie des affects, contrairement à l’idéal « apathique » des stoïciens. L’homme explique Spinoza est animé par ce qu’il appelle le conatus, l’effort par lequel tout être cherche à persévérer dans son être, c'est-à-dire, pour l'homme, non seulement se conserver, mais aussi se développer, s'affirmer, grandir, augmenter sa puissance d'exister. Lorsque le conatus n'est pas entravé, l'homme ressent de la joie qui renvoie au passage d'une moindre à une plus grande perfection. Dans le cas contraire, il ressent de la tristesse, passage d’une plus grande à une moindre perfection. Les différents sentiments apparaissent alors comme des combinaisons à partir de ces affects fondamentaux, Ainsi l’amour, l’espoir, la sécurité sont des sentiments joyeux, exprimant une augmentation de la puissance de vie en nous. Au contraire, la haine, la crainte, le désespoir sont des sentiments tristes, expression d’un frein à notre puissance de vie.
Ainsi il apparaît que l’homme cherche à être heureux durant son existence, même si le bonheur peut prendre des formes différentes selon les individus, et en cela il présente une dimension subjective. Toutefois il semblerait que des « conditions objectives » puissent favoriser son obtention en lien avec la nature humaine (satisfaction des besoins naturels, amour, reconnaissance sociale, estime de soi... (cf. Maslow et la pyramide des besoins) et ce serait du ressort du politique de favoriser de telles conditions (cf. sujet : « est-ce à la société de faire mon bonheur ».... ). **Au final, on pourrait finalement dire qu’un homme est heureux lorsqu’il peut accomplir les potentialités qui sont comprises en lui, s’élevant ainsi dans la joie.**