*** ## Concepts importants ![[S3 - Mayer 1.pdf]] [[cadre de l'échange politique]] [[sagesse populaire]] Dans sociétés démocratique, les individus ont la possibilité d'échanger ce qui permet de faire évoluer les opinions et de faire apparaître une sorte de sagesse populaire On parle souvent du débat comme moyen de faire évoluer nos points de vues et donc comme outil d'esprit critique et de confrontation avec d'autres pensées. Mais en réalité la plupart des conversations politiques se font dans la sphère privée (amis, familles) et où donc les avis sont consensuelles. On aborde + facilement les sujets politiques avec les personnes qu'on connaît. La part de personne ne parlant jamais (ni en famille, amis, dehors) de politique a considérablement diminué depuis les années 1960 (57-> 16-3%) Libération de la parole + baisse du sentiment que politique c'est trop compliqué [[facteurs augmentant la propension à parler de politique]] propension à parler politique montre position sociale : La fréquence des conversations politiques croit avec : - l’assurance que donnent les diplômes - un niveau de revenu élevé - un patrimoine conséquent - une profession de cadre - un sentiment d’appartenance aux classes moyennes ou « bourgeoise » - une résidence urbaine (tableau 28). - être un homme même si les autres privilèges et l'âge diminuent cet écart Mais les femmes parlent autant dans le cadre familial que les hommes Elles parlent moins dans un cadre amical Propension augmente avec : - être dans des associations - être actifs - ne pas être divorcé, ne pas être veuve - ne pas être femme au foyer - ne pas être retraité L'*information* joue un rôle : - 20% des personnes pas du tout informées parlent politique - 72% des personnes très informées parlent politique Mais biais sexiste car femmes n'ont pas la même manière d'aborder les tests d'information politique Femmes préfèrent ne pas répondre plutôt que de prendre le risque de se tromper C'est la proximité avec la politique qui reste le facteur déterminant La [[compétence politique]] subjective influence + la propension à parler politique que la compétence politique objective En France, on parle + souvent politique à Gauche qu'à droite Car la [[Droite libérale en France]], marquée par culture catholique et méfiance envers la politique. Perçue comme stérile et dangereuse et comme ferment de division et de révolte Propension à parler politique varie beaucoup selon les pays % de personnes qui disent parler souvent de politique ex : 50% en Allemagne, 20% en Grèce [[dimension culturelle des conversations politiques]] il existe des cultures politiques différentes (étude au UK et US) : -> on discute + souvent politique dans le cadre privé ([[cadre de l'échange politique]]) -> Anglais parlent moins souvent que les Américains -> on ne parle pas politique en public si on ne le fait pas en privé -> ces conversations sont un facteur d'ouverture car elles permettent la confrontation avec un autre bord souvent. (à nuancer) -> Propension + faible à discuter chez les pauvres, les personnes âgées et les femmes. Particulièrement en public. -> auteur souligne rôle [[normes sociales]], [[compétence politique]] subjective, intégration dans les réseau -> les facteurs institutionnels et culturels freinent la discussion politique au UK. Ces conversations paraissent éloignées de l'idéal démocratique mais elles ne correspondent qu'à une *répétition générale* de ce qu'il se passe dans la délibération publique Optique interactionniste de la conversation politique -> s'intéresser au contenu et à la dynamique des échanges Donc faut regarder ce qu'il s'y passe en petit groupes Dans petits groupes de 3-5 personnes, sur des sujets contemporains comme conflit israélo-palestinien ou discrimination positive, les gens expriment leur opinion grâce à : - [[expérience personnelle]] - bribes de discours des médias [[rôle des médias dans la socialisation politique]] - sagesse populaire - savoirs scientifiques ou de l'école Conclusion les gens sont : - actifs - pas si stupides - interprètent différemment les messages des médias selon les enjeux De ces cadres d'interprétation, semble surgir une volonté d'aller vers une [[action collective]] [[évitement de la discussion politique au sein des associations]] Contrairement à [[Alexis de Tocqueville]] et [[Robert Putnam]] qui voient horizon du civisme, stimulant [[prise de parole]] et volonté d'agir en commun, [[Nina Eliasoph]] montre que : associations contribuent à *évaporation* de la politique Les membres évitent soigneusement de parler politique, ou même de présenter leur action comme telle car ils imaginent cela contre-productif, risqué (en + des [[facteurs augmentant la propension à parler de politique]]) -> leurs opinions politiques leur paraissent relever du domaine privé et pouvant créer du [[conflit]]. Leur identité est en jeu. ex : ![[Pasted image 20250923194120.png]] Parler avec autrui de politique suppose avoir un minimum de références communes [[Sophie Duchesne]] et [[Florence Haegel]] étudient processus de politisation des discussions sur un sujet : [[délinquance]] Privilégient une approche conflictuel Fait des petits groupes homogènes en terme de PCS avec des activités faites pour stimuler la réaction Deux logiques : - spécialisation = professionnels de la politique avec des références précises au monde politique. Très rare dans l'expérience - conflictualisation = met à jour les clivages qui parcourent la société. Ex : État joue un rôle de fédérateur dans le groupe, contre lui. Mais lorsque désaccords importants, les acteurs font le choix ou non de s'immiscer dans la discussion. Clivages apparaissant : - [[libéralisme]] / [[keynésianisme]] - autoritarisme / permissivité - [[universalisme culturel]] / [[différentialisme culturel]] Le conflit reste souvent latent (même chose que [[évitement de la discussion politique au sein des associations]]) Avoir des diplômes et des connaissances politiques ([[compétence politique]]) n'entrainent pas nécessairement une implication Ne mène pas nécessairement au consensus, (idéal de [[démocratie délibérative]]), favorise aussi émergence de clivages Différences selon culture des pays : - + conflictuel en Fr - + coopératif en Belgique Groupes sont des identités miniatures Bcp parlent de politique sans le savoir [[discussions politiques en ligne]] internet et ses mouvements sociaux soulèvent espoirs de [[cyberdémocratie]] avec société + égalitaire ([[égalité]]), participative [[démocratie participative]] et autonome ([[autonomie]]) Mais risques : - [[polarisation idéologique]] - effet cocon - chambre d'écho - évitement des opinions contraires au sienne - fracture numérique Les forums représentaient un espoir mais n'ont pas amener bcp de gens à parler politique (10%) Conclusion intéressante > ([[S3 - Mayer 1.pdf#page=15&annotation=501R|p.15]]) > Mais comme le montre Diana Mutz dans un ouvrage provocant, Hearing the Other Side (2006), appuyé sur des sondages et des groupes expérimentaux, il en va peut être mieux ainsi. Car la discussion entre interlocuteurs politiquement différents a ses effets pervers. Elle n’encourage pas nécessairement l’ouverture de vue et la tolérance. Cela dépend des caractéristiques de la personne (capacité d’empathie, degré de conformisme social). Et le désaccord produit des pressions croisées, il accroît l’ambivalence et en fin de compte réduit la propension à participer, qu’il s’agisse du vote ou des autres formes d’action. Bref démocratie délibérative et démocratie participative ne vont pas nécessairement de pair. La première exige des « observateurs désintéressés » et distanciés de la chose publique, la seconde des « partisans passionnés » et soudés par un idéal commun