#### Trouve ton amorce ! Des petits chiffres : -> Grosse part de la vie quotidienne parce que ça occupe 2h par jour et c'est au coeur de problèmes sociaux économiques et politiques. -> 1.5h de tâches domestiques -> 20.5% des dépenses de consommation slow food développe à l'encontre du fast food. Prendre le temps de faire sa cuisine Beaucoup d'entreprises engagées dans l'alimentation Les industries agroalimentaires la restauration le commerce agroalimentaire tout cela représente 5% des emplois + génèrent un excédent commercial + 25% de notre empreinte carbone ## 1. LIRE LA SOCIETE A TRAVERS L’ALIMENTATION [[espace social]] de la consommation alimentaire et évolution de manières de manger « *Dis-moi ce que tu manges et je te dirais qui tu es* » [[Brillat-Savarin]] Alimentation = fort support identitaire tant d’un point de vue individuel que d’un point de vue collectif. D'un pdv individuel - variation des goûts alimentaires au cours du cycle de vie (enfant, ado, adulte) - place importante des souvenirs alimentaires, des traditions alimentaires - Différenciation sociale des pratiques - identité régionale #### 1.1 La thèse de la déstructuration des repas : Depuis les années 90 il y a ces idées : - fractionnement des repas - simplification de ceux-ci - imprécision des horaires - effacement des frontières entre repas ordinaire et repas festifs - [[individualisation]] - délocalisation des repas. le modèle du repas à la française est lié au processus de civilisation des moeurs processus de [[pacification des moeurs]] Théorie qui veut qu'une pratique passe de l'[[aristocratie]] au reste de la population [[Norbert Elias]] (1939, 2003), _[[La civilisation des mœurs]]. Les manières de table et leur révolution est révélatrice du processus de civilisation des moeurs (l'auto-contrôle) 16ème siècle apparition de la fourchette 18 siècle : [[individualisation]] des couverts [[Révolution française]] = moment clef de transformation -> avènement du modèle bourgeois qui ne prône pas l'abondance le service à la française = tous les plats posé en même temps sur la table et le convive fait son choix [[Claude Grignon]] (93 et 2004) [[Sociologie des rythmes alimentaires]], in [[D. Chapelot]] et [[J. Louis Sylvestre]] (dir.)** _[[Les comportements alimentaires]]._ Au départ, les horaires de repas viennent des internats religieux, puis ensuite dans les classes dominantes et ensuite à tout le monde [[G. Simmel]] (1910) _[[Sociologie du repas]]._ Les [[normes sociales]] régulent les besoins alimentaires individuels via le repas commun, moment de [[socialisation]] qui permet le dépassement du besoin naturel de se nourrir. La malbouffe se développent-elles ? conditions de production, de distribution, mode de consommation et le jugement de valeur quand à la qualité des produits En réalité, les historiens soulignent un *lien positif* entre industrialisation et qualité des biens consommés. Car + de contrôle institutionnel des biens consommés. #### 1.2 La [[structure sociale]] de l’alimentation : mise en évidence du caractère socialement construit des besoins et des goûts alimentaires. Est-ce que, en fonction de notre place dans l'espace sociale, on a les mêmes gouts ? CSP + et CSP - [[Maurice Halbwachs]] (1938)** _[[Esquisse d’une psychologie des classes sociales]]._ Lien entre prestige social et pratiques alimentaires. Il y a des aliments qu'on mange pour la fame et donc il y a un processus de distinction en fonction de notre [[classes sociales pour Marx]]. Cultures amérindiennes et européenne du moyen-âge Mangent des animaux et prêtent des vertus humains aux animaux. Tu manges -> tu obtiens des qualités Du coup -> Tu prends soins des animaux On peut noter une dimension historique dans ce processus de distinction à partir du 16ème siècle car les frontières entre l'[[aristocratie]] devenaient de + en + poreuses. [[J.L Flandrin]] et [[Nicole Eizner]] (dir.) (1995) _[[Voyage en alimentation]]._ La gastronomie apparaît au 16ème siècle pour se différencier, un terrain de compétition sociale notamment avec les épices qui étaient jugées bonnes pour la réputation Modèle en cascade allant du haut vers le bas -> classes dominantes à l'origine d'une [[innovation]] et d'une pratique -> bonne volonté des classes moyenne qui veulent adopter le style de vie bourgeoise Les événements historiques peuvent aussi influencer l'adoption de nouvelles pratiques comme avec la 2nd GM et la boîte de conserve (+ pratique) [[Maurice Halbwachs]] (1912) _[[La classe ouvrière et les niveaux de vie]]_ Recherche sur la [[hiérarchie]] des besoins dans les sociétés industrielles contemporaines. Il montre que le revenu a une influence indirecte sur ce qu'on mange. Les goûts sont formées qui vient de notre milieu social d'appartenance Ex : Les ouvriers et les employés ont les même revenus. Pourtant, les employés ont tendance à + se comporter comme des gens des classes bourgeoises pour se distinguer des [[classes populaires]] Travaux qui portent sur l'ensemble des pratiques culturelles et qui incluent les pratiques alimentaires : Les travaux de [[Pierre Bourdieu]] reprennent les travaux de Veblen. [[T. Veblen]] ( 1899) _[[Théorie de la classe de loisirs]]_ Pour les élites faire des dépenses et avoir une consommation excessive est vu comme une obligation sociale. (J'ai pas de contraintes matérielles regarde tout ce que j'offre) [[Pierre Bourdieu]] (1979) [[La Distinction. Critique sociale du jugement]]. (chapitre 3 : l’[[habitus]] et l’espace des styles de vie). Chez les classes moyennes comme chez les classes dominantes, il y a une fraction entre ceux qui ont un gros [[capital culturel]] et ceux qui ont un gros [[capital économique]] La différenciation se joue entre - le goût du luxe - le goût de nécessité En fonction de ce que chaque classe se fait du corps, on va manger autrement Classe populaire -> Aliments lourds qui tiennent au corps Classe supérieure -> Aliments savoureux, légers et bons pour la santé Femmes -> Mangent moins que les hommes et + de crudités [[schéma habitudes de consommation en fonction du capital]] *Capital éco + culturel +* = fin, maigre, raffiné, léger, boeuf, poisson, fruits, cru grillé *Capital éco + culturel -* = riche, fort, gras, salé, épices, vins, alcool, apéritif, patisserie *Capital éco - culturel +* = sain, naturel, sucré, laitages, jus de fruit, confitures, surgelé *Capital éco - culturel -* = charcuterie, porc, pot au feu, pain, salé, gras, lourd, fort, mijoté, bon marché, nourrissant ![[Capture d’écran 2024-01-24 à 14.33.34.png]] Toutefois la consommation paysanne se distingue par la grande importance donnée à l'autoconsommation Elle se développe aussi de plus en plus dans les milieux avec du capital Mais [[Pierre Bourdieu]] s'est pris pas mal de critiques parce qu'il l'a analysé avec le spectre du [[misérabilisme]] (populaire = pas bien) [[Claude Grignon]] et [[Jean-Claude Passeron]], (1989), _[[Le Savant et le Populaire]]._ En réalité, les goûts populaires ne sont pas homogène et n'adopte pas forcement les goûts des classes dominantes Ouvrier d'origine paysanne = approvisionnement direct plus fréquent, jardinage et potager / ouvriers d'origine ouvrière On constate aussi une variation géographique dans la consommation. Ex : Nord (beurre) et le Sud (huile) Les différences régionales recouvrent très largement les disparités sociales Travaux d'anthropologie autour de la question des cultures alimentaires : Mettre en évidence que les différences de goûts ne constituent pas une réponse fonctionne aux caractéristiques de l'environnement. [[James Frazer]] (1911) [[Le rameau d’or]] Analyse des règles qui autorisent ou interdisent les aliments Deux grands principes de la pensée magique : -> Principe de similarité entre ce que l'on mange et l'effet que ça a (je mange un poulet -> je deviens un big poulet) -> principe de contagion : si deux objets sont en contact ils continuent de s'affecter même lorsqu'ils sont séparés **J. C Lévi Strauss (1965, 2004),** _**Food and History,**_ **“Le triangle d’or”.** ![[Sicotte_figure_2.jpeg]] Il en déduit beaucoup des sociétés. Il classe en fonction de leur type **M. Douglas (1966, 1971) De la souillure : essai sur les notions de pollution et de tabou.** Les interdits alimentaires de l'ancien Testament. Interdictions pour les juifs de manger du porc car c'est une viande très instable qui est perçue comme une réponse fonctionnelle. Pour les Anthropologues : « *L’autre, c’est d’abord celui qui ne mange pas comme soi et il ne peut qu’être substantiellement autre pour cette même raison* ». #### 1.3 évolutions ? assiste-t-on à une uniformisation des pratiques et des goûts alimentaires Pas de nivellement mais on constate le développement de nouveaux produits et de nouvelles différences entre les [[classes sociales pour Marx]]. Les aliments fonctionnels ou alicaments (aliment crées de toute pièce pour pallier ou augmenter un certain apport) Ce qui varie beaucoup pour les [[classes sociales pour Marx]], c'est la prise du repas hors du domicile (le self par exemple), les pratiques de restaurations et le goût pour les cuisines exotiques CSP - : peu de sorties et et peu variés CSP + : Sorties plus nombreuses et recherche d'expériences culinaires et gustatives diverses Thèse de la [[moyennisation]] de [[Henri Mendras]] un amoindrissement des différences entre les classes sociales et un rapprochement des modes de vie. -> Réalité : Plus tendance à l'[[individualisation]] des modes de vie **Guillon F. (2003)** _**Cahiers de nutrition et de diététique**_**, « le marketing des aliments santé »** La diététique voit un fort essor aux USA et sont consommés par les femmes, les urbains, les individus aisés et diplômés car ils ont le plus de prévention La viande n'est plus attaché aux CSP+ mais au contraire aux CSP- Ce qui distingue c'est les recommandations nutritionnelles et environnementales ainsi que le goût pour la diversité -> Existence encore aujourd'hui d'un nombre important de personnes qui ne mangent pas à leur faim Dans les ménages les plus pauvres, l'alimentation est considérée comme un poste budgétaires adjustable **B. Bouzi (2023)** _**La France qui a faim. Le don à l’épreuve des violences alimentaires.**_ Violence alimentaire, les gens jugent ce que l'on mange En + d'être en grande difficulté, les gens nous jugent Pauvreté = accumulation de difficulté (se procurer de la nourriture, cuisiner et incapacité de choisir ce que l'on va manger et absence de sociabilité alimentaire ce qui augmente encore le délitement du [[lien social]]) ## 2. ECONOMIE : budget, impact de la grande distribution, Mondialisation et production alimentaire (Etat et industrie) Alimentation à domicile représentait en moyenne 35% 20% en 2014 16.1% en 2017 Activités productives liées à l'alimentation jouent un rôle important dans l'économie française Ces industries représentent 1.3M d'emploi à temps plein soit 5% de la population en emploi en France et c'est 820 Mds de chiffre d'affaires par an -> Étude du budget des ménages Engel loi d'Engel + de revenus -> - dépenses alimentaires baisse Cette loi se vérifie même si c'est à nuancer car les aliments sont achetés en fonction des rôles sociaux **E. Rignols ( 2002)** _**[[INSEE]] Première**_**, la consommation des ménages depuis 40 ans ».** **N. Herpin et D. Verger (2000)** _**La consommation des français, tome 1, Alimentation, Habillement, Logement.**_ En 1960, l'alimentation a été le premier poste budgétaire (là où on met le + sa thune) Mais ça a été divisé par deux Baisse : - produits traditionnels qui demandent un temps de préparation important - viande de boucherie - produits alcoolisés. Augmentation : - plats préparés - volaille - produits transformé de la pêche et de l'eau minérale Supermarché comme lieu clef d'approvisionnement Boulangerie et petits commerces : CSP+ Puisqu'on a plus le temps de préparer les repas et on achète des repas préparés [[Brousse]] (1999)_**France, portrait social**_ Activité surtout féminine dans la sphère domestique mais masculine dans la sphère professionnelle Avec les émissions culinaires, la cuisine est vue comme un plaisir même si ce sont toujours les femmes qui s'en occupent. #### 2.1 Assiste-t-on à une américanisation des manières de manger [[G. Ritzer]] (1993) _[[The McDonaldization of Society. An investigation into the changing Character of Contemporary Social Life]] Hypothèse : Est-ce que le modèle de travail de MacDo (américain) va se répandre à l'ensemble de la Terre du fait de la mondialisation ? Malgré tout les français restent attachés au modèle de trois repas par jour et que l'idée d'un repas est constitué d'une entrée, d'un plat et d'un dessert. Pas de disparition des particularismes locaux d'ailleurs même MacDo utilise des stratégies de micro diversification. (France, Belgique et Hollande, on trouve de la mayonnaise alors qu'USA il n'y a que du ketchup, Québec sauce brune et au fromage avec les frites) On retrouve même un processus important (de forme de résistance) de patrimonalisation et de reconnaissance des particularismes locaux, on parle aujourd'hui de patrimoines gastronomiques régionaux. Années 1980, volonté d'exotisme mais aujourd'hui retour au "terroir". Survalorisation de la tradition populaire, du terroir et des produits "authentiques" s'oppose aux angoisses liées au développement de l'industrialisation alimentaire et aux risques de dilution des identités locales, régionales et nationales. L'idée sous-jacente est celle de la massification des goûts qui viendrait laminer / supprimer les particularismes locaux. Cette thèse est vue de deux manières : - la première est celle conservatrice : la menace viendrait d'en bas à cause des masses qui ont des goûts de merde - la deuxième est celle de l'[[école de francfort]] : manipulation des goûts par les entreprises du capitalisme **S. Mennell (1985) Français et Anglais à table du Moyen-Âge à nos jours.** Adoro (un autre gars) met en évidence deux mécanismes différents : - la fétichisation : Panthéon des best sellers. Les plus connus et les plus joués avec un renforcement du phénomène qui s'auto-entretient. Finalement on constate une réduction du registre du mangeable. - Régression d'écoute : L'auditeur se confronte rarement à la nouveauté et à des écoutes plus difficiles. On revient à un stade d'enfant. Les produits trop marqué au goût perdent en popularité et les produits doux comme les yaourts en gagne. -> la mondialisation conduit à des métissages mais pas nécessairement un changement radical **Poulain (1997)** _**Cultures, nourriture**_**, « La nourriture de l’autre : entre délices et dégoûts.** Étude de la diffusion de la cuisine vietnamienne. Elle se diffuse en connaissant des profondes mutations et elle se mélange à la cuisine française. Les gens adoptent les deux méthodes d'alimentation. Syncrétisme : Fusion de deux cultures. #### 2.2 La question du consommateur expert Depuis les années 1960 (la [[politique agricole commune]] -> dvt supermarchés), le consommateur est maintenant seul face aux choix qu'ils doivent faire. Le consommateur doit déterminer lui-même ce qui est de qualité. Forte industrialisation de la production, donc renforcement de l'étiquetage, de l'[[information]] et de la publicité. -> On ne sait plus ce qui est bon. Loi Royer de 1973 Existence de lois qui visant au départ à limiter l’essor des grandes surfaces et qui ont conduit à des situations d’oligopoles. Ouverture de surfes commerciales de plus de 1 000m2 à une autorisation préalable ( ou 1500m2 pour les communes de plus de 40 000 habitants). Loi plus d'actualité de nos jours Développement des applis pour aider les consommateurs à faire leurs choix en fonction de ce qu'iels recherchent. Surabondance d'[[information]] -> nouvelles formes d'ignorance -> Émergence aussi de nouvelles formes d'actions pour contraindre les comportements alimentaires et agir sur l'offre alimentaire Le consommateur devient acteur de ces choix. -> idée sous-jacente étant qu'en agissant sur la demande, cela conduira à changer l'offre Usage de taxation ; fat taxes, sugar taxes Les taxes sont considérées comme régressive (pèse + sur les [[classes populaires]]). Dissuasive seulement si elles sont supérieures à +20% du prix et aussi parce qu'elles portent sur le comportement des consommateurs et non celui des industriels. Parce que les industriels augmentent les prix ou diminuent la quantité donc au final c'est les conso qui payent. Les projets de taxes sur les industriels existent mais ils n'aboutissent pas. Ex : l'huile de palme L'idée c'est que pour changer les pratiques des industriels, il faut agir sur le consommateur en l'éduquant et en l'informant. - nutri score - campagnes pour les enfants ("manger bouger", "manges 5 fruits et légumes par jour") Conséquence : les industriels changent un peu mais surtout font du greenwashing Les [[lobbies]] des industriels se mobilisent pour mettre en place des fondations ou de l'astroturfing astroturfing terme qui désigne la constitution d’un faux mouvement de consommateurs semblant porter « par le bas » des revendications qui se trouvent en conformité avec les intérêts des commanditaires Codex Alimentarius La commission du Codex alimentarius a été fondé en 1963, en tant que programme joint de L’[[OMS]] et de la FAO afin *d’établir des normes alimentaires sur la base du volontariat des Etats participants.* Ces normes portent sur l’ensemble des produits alimentaires (des matières brutes aux produits manufacturés) et concernent des domaines tels que la composition et les additifs, l’étiquetage, l’emballage, les résidus de pesticides et de médicaments, les méthodes d’analyse des denrées, les certifications, etc). organe relativement invisible l a progressivement pris de l’importance suite d’accords de l’OMC en 1995 reconnaissant la validité des normes du Codes pour le règlement de litiges commerciaux internationaux. Il n’est pas focalisé uniquement sur les caractéristiques intrinsèques des produits et de leur commerce et se prononce également sur les questions de défense des consommateurs. Aujourd’hui *188 Etats en sont membres*, ainsi que la Commission européenne. Cette institution, qui a tout d’une organisation intergouvernementale établissant les normes des échanges alimentaires entre les pays, est convoitée par les *industriels*. Ces derniers ne peuvent pas être membres mais ils peuvent obtenir le *statut d’observateur* qui leur donne en fait la possibilité de s’exprimer sans avoir droit au vote. L’enjeu pour eux est donc *d’orienter les normes produites et de favoriser la légitimation de leurs pratiques.* -> L'usage de l'expertise pose question Les travaux ne sont pas toujours neutre car fait par les industriels et les États **M. Nestlé (2010)** _**Safe Food : The Politics of food Safety.**_ Étude de politiques industrielles concernant la sécurité alimentaire Mise en évidence du caractère construit des preuves scientifiques. Les plus riches industriels achètent des tests scientifiques coûteux et douteux ce qui leur permet d'apposer sur leurs produits des allégations illégales sinon. Ce phénomène est très important en ce qui concerne les compléments alimentaires. Les [[lobbies]] industriels peuvent aussi changer les normes nutritionnelles (de l'UE par exemple) Dans les années 1960-1970, on réussit à imposer le remplacement du gras par le sucre. #### 2.3 La question de la consommation durable et [[consommation engagée]] Dvt d'outils qui permettent aux consommateurs de comparer l'impact de différents aliments. Ces pratiques utilisent des labels et les [[information]]s mesurables sur les produits dans le but d'informer le consommateur. Cela conduit à transformer des problèmes éthiques, sociaux, environnementaux et sanitaires en caractéristiques marchandes ou en sujets de marketing. Renforce l'[[individualisation]] des choix et la responsabilisation du consommateur [[consommation engagée]] Notre façon de consommer a un but politique ou politico-économique On fait le choix d'acheter certains produits soit de ne pas en acheter. Consommer local, cultiver son potager, consommation bio, commerce équitable. Le bio : Label existant depuis 1985. production sans utilisation d'intrants chimique de synthèse, les produits transformés doivent être composés d'ingrédients issus de l'agriculture bio à hauteur de 95% de leur poids pour avoir le label. En 2021, l'agriculture bio représente 10.3% des surfaces agricoles utiles soit 27 fois plus qu'en 1995. Elle représente 18% du temps de travail dans l'agriculture française. En 2016, 68% des sondés disent avoir consommé au moins 1 fois par moi un produit bio. En 2021 -> 76% et 15% pour la consommation quotidienne. A fixé l'objectif de 20% de produits bio dans la restauration collective en 2022 Les personnes consommants du bio : Enquête INCA 3 : conso plus diplômés, plus souvent des femmes et sensiblement plus âgés que les autres. **Cl. Lamine (2008) Les intermittents du bio.** Analyse des discours qui accompagnent l’achat de produits bio de la part de 41 personnes qui n’ont pas un critère exclusif. (*manger de bonnes choses mais bon n’est pas toujours défini de la même façon* : goût, santé, absence de risque sanitaire, porteurs de [[valeurs]] éthiques, pour l’environnement). Surtout *l’idée de bon pour la santé* qui est mise en avant. Nouvelle manière de se distinguer ? Signe de supériorité morale et sociale sur les ménages qui n'en consomment pas. Ménages modestes sont aussi soucieux de l'impact environnemental de leur alimentation mais ces personnes veillent plutôt à limiter les emballages et à recycler et n'achètent pas forcément des produits bio et coûteux. - Les pratiques plus respectueuses de l’environnement se développent et sont au cœur de logique de distinction de la part des ménages les plus favorisés et les plus dotés en [[capital culturel]] **Coulangeon et al. (2023) la conversion écologique des français : contradictions et clivages.** Les membres des classes supérieures expérimentent leurs préoccupations pour l’environnement sur le mode de l’éco [[habitus]] en exprimant compétence et confiance dans leur capacité à agir. Tandis que les ménages les plus modestes ressentent plus souvent une éco-impuissance car ils constatent leur incapacité à atteindre les [[normes sociales]] devenues dominantes comme la consommation de produits labellisés bio. Toutefois sobriété et préoccupations environnementales ne vont pas nécessairement de pair puisque les catégories les plus favorisées ont aussi les modes de vie les plus impactant d’un point de vue environnemental Capitalocène #àcreuser -> Le végétarisme et la consommation de viande Environ 2% de la population Française, 9% en Allemagne et 40% en Inde. Les penseurs du végétarisme au début du XXème siècle vont tenter de démontrer les bienfaits physiologiques, moraux mais aussi sociaux car ils espèrent réformer l'alimentation ouvrière Diminuer la consommation est de plus en plus identifié comme un levier pour diminuer son impact environnemental **A.P. Ouédraogo (1998**_**) Journal des anthropologues**_**, « Manger « naturel ». Les consommateurs de produits biologiques ».** Idée que les végétarismes sont très diversifiés, c’est à ses yeux une appellation polémique, un étendard de ralliement dans une société carnivore. Existence de nombreuses motivations : raisons morales (bien-être animal), de santé, et religieuses qui côtoient le dégoût et les préoccupations environnementales. Les raisons de devenir et de rester végétariens ne sont pas statiques. Le sens que l'on met dans son régime alimentaire peut varier. Le véganisme est encore plus complexe dans le sens où il ne peut être réduit à un régime alimentaire puisque c’est avant tout un mouvement politique promouvant le respect des animaux et l’antispécisme. La baisse de la consommation de viande ne se réduit pas au véganisme. La consommation de viande par personne a augmenté tout au long du 20ème siècle avec un maximum dans les 1990. 1810 : 19kg / an / personne 1985 100kg / an / personne 2010 : 85kg / an / personne La viande de ruminant a une empreinte carbone 5 fois supérieure à celle de volaille ou de porc **M. Ginsburger (2023), les pratiques environnementales des ménages depuis 1985 : évolutions, structure sociale et disparités géographiques.** Augmentation de la consommation de viande bovine avec le budget des ménages et diminue avec le niveau de diplôme. Baisse avec l’âge surtout après 45 ans. -> Viande aujourd’hui marquée par de profondes ambivalences et tensions. Longtemps associée à l'aisance économique et à la masculinité De nombreuses crises sanitaires mais aussi l'action de différentes [[association]]s telles que L 214 qui se mobilisent contre les conditions d'[[Élevage]] et d'abattage. Le débat climatique autour de la consommation de viande est plutôt récent. -> Le cas du "gaspillage alimentaire" gaspillage (péjoratif) -> "perte d'aliments" l'ensemble des produits qui auraient pu être consommés et ne l'ont pas été à partir de la production jusqu'à l'ingestion. Environ 10 millions de tonnes par an en France, la contribution des ménages est cependant à relativiser. En effet, alors que la restauration hors foyer représente 15% des repas elle représente 42% des pertes alimentaires au stade de la consommation. Tous les ménages jetant la nourriture culpabilisent de le faire. Si nous jetons c'est parce que c'est une solution facile pour nous et que les autres manières de réutiliser et de recycler les restes est plus coûteuse et difficile. Pas une habitude de donner nos restes à nos proches. ## 3. Corps et Alimentation : Obésité **N° spécial Actes de recherche en sciences sociales, J.L Pestana (2015) « Haro sur les gros ».** Le PNNS : *plan santé publique visant à améliorer la nutrition des populations*. Lancé par le ministère de la santé en 2001, il inclut des objectifs à atteindre dont notamment celui de réduire de *20% la prévalence du surpoids et de l’obésité*, mais aussi des repères nutritionnels à destination du grand public (« Manger 5 fruits et légumes par jour ») et un *plan de communication pour diffuser ces repères* (campagne Manger, Bouger), la *négociation de chartes d’engagement volontaire avec les industries agroalimentaires*, le suivi de l’état nutritionnel de la population. Loi de 2004 relative à la santé publique impose en 2006 la diffusion de messages nutritionnels dans toutes les publicités pour des aliments ou boissons. Toutefois la connaissance du message a progressé beaucoup plus vite que les comportements. En 2020, 14% des français.e.s de 15 ans et plus étaient obèses contre 8.7% en 1997. Définition difficile de la notion, elle a tendance à varier selon les études. Point de référence ? IMC, poids idéal, [[technique]] des plis cutanés ou un mélange de tous ces critères -> Idée admise aujourd’hui que l’obésité est une pathologie plurifactorielle. Compte tenu de sa prévalence on ne peut pas l’expliquer simplement par des facteurs génétiques. -> Trois questions principales : 1. Pourquoi l’obésité se distribue-t-elle de façon différenciée dans l’échelle sociale ? 2. Quelles transformations de l’organisation de la filière alimentaire ou des pratiques de consommation pourraient expliquer le développement rapide que connait aujourd’hui l’obésité dans les sociétés modernes ? 3. Comment changer les habitudes alimentaires ? (thérapeutique de l’obésité et à plus grande échelle la prévention). Approche sociologique qui se fait à deux niveaux : 3.1 et 3.2 Accepter le point de vue épidémiologique et étudier le lien entre le développement de cette pathologie socialement diversifiée et certains phénomènes sociaux : évolution des modes de vie, transformation des pratiques alimentaires. Analyse du phénomène de [[stigmatisation]] dont sont victimes les obèses dans notre société. 3.3 Analyse du discours médical, les projets de prévention et d’intervention de politiques de santé publique qui en découlent. #### 3.1 Une pathologie socialement différenciée différenciation de l'obésité par rapport aux statuts socio-économique -> Statuts éco = déterminantes de l'obésité. Impacts de l'influence des positions sociales et des modes de vie qui sont associés à l'accès à la nourriture Société Suds = être gros c'est bien vu parce que ça veut dire qu'ils ont de la thune Société Nords = être gros c'est mal vu parce que tout le monde a accès à de la nourriture -> Analyse des variables sociodémographiques expliquant l'obésité Jusqu'en 1960, homme riche = gros et femme riche = mince Société en développement : Lien entre position sociale et obésité est positif Les obèses se situent en haut de la [[hiérarchie]] sociale Les enfants issus des catégories situées en haut de la [[hiérarchie]] sociale ont. + de chance d'être obèse Explication : signe d'une vie tranquille et on mange bien. On est dans des société où le corps gros est valorisé car c'est le signe d'abondance. Toutes les périodes où y'a eu des problèmes de nourriture, les corps gros ont été valorisés Sociétés développés Les femmes, la forte relation inverse entre obésité et position sociale Les homme, situation est plus complexe. On constate une distribution bimodale : - homme gros catégories les plus modestes - homme gros catégories les plus aisées La distribution de l'obésité des enfants et des adolescents est faiblement associée à la position sociale. Par contre, à partir de 15 ans, elle influe sur la catégorie sociale. Obésité -> catégorie sociale ou catégorie sociale -> obésité ? L'obésité peut être associée au mode de vie. Moins de dépenses énergetiques du fait du développement technologique. Cette diminution n'a pas été pareille dans tous les milieux sociaux. Différenciation sociale des goûts. Dans les milieux populaires, valorisation de l'énergetique, des produits qui font grossir mais qui donnent de l'énergie. Cela constituerai une sorte de "revanche sociale" à l'échelle historique Les femmes et les milieux les plus diplômés sont les plus réceptifs à l'[[information]] nutritionnelle (bien manger) La pratique sportive est aussi une explication. Soumis au modèle d’esthétique corporel de minceur, les hommes et plus encore les femmes des couches sociales moyennes et supérieures pratiquent de façon plus intense que dans les autres couches sociales à la fois des sports et des exercices d’entretien. -> Obésité comme source des statuts sociaux, la question de la [[stigmatisation]] des obèses Dans les sociétés développés l'obésité fait l'objet de beaucoup de discriminations et d'humiliations Les obèses ont un taux d'accès à l'enseignement supérieur moins important, ils trouvent plus difficilement un emploi, leur niveau de revenu est plus faible, leur promotion professionnelle est ralentie, complexication de leur vie quotidienne et de l'accès et de l'utilisation des équipements collectifs. Peut-être que ce n'est pas à cause de l'obésité mais juste du fait que iels viennent des [[classes populaires]]. Dès 3 ans, les enfants auraient une attitude discriminatoire vis-à-vis des adultes et des enfants obèses. L'institution médicale est qualifiée de "grands stigmatisateurs" car elle incrimine fortement les obèses en les montrant comme des déviants et contribue à la dépréciation des obèses. Le corps médical décris aussi un "corps idéal". Les législateurs ont peu à peu pris en compte ces discriminations. L'[[association]] "Allegro-fortissimo" créée à la fin des années 1980 affiche clairement un objectif "quelques gros ont soudain refusé la tyrannie du morphologiquement correct et ont pris leur avenir en main". -> Le passage d’une répartition aléatoire de l’obésité chez les enfants à une forte différenciation pour les adultes pourrait s’expliquer par les effets de l’obésité sur la [[mobilité sociale]]. #### 3.2 Développement de l’obésité et modernité alimentaire En Fr, nous devrions atteindre le niveau des USA d'ici une vingtaine d'années. Toutefois, compte tenu de la vitesse de son développement il faut **surtout chercher son origine dans les transformations du contexte économique et social, c’est ce que cherche à faire le modèle de la « transition épidémiologique ».** **Le modèle de la transition épidémiologique** Le modèle vise expliquer la transition démographique, c’est-à-dire la transformation structurelle des populations au cours de la croissance démographique. ![[Pasted image 20240131162136.png]] Il faut donc expliquer les causes de la mortalité pour expliquer la transition démographique 4 phases **Ancien régime** -> Disponibilité alimentaire fortement marquée par une dépendance au biotope -> La différenciation sociale s’opère sur l’abondance et les produits venue de loin **Transition** -> Progrès de l’agronomie, augmentation de la disponibilité alimentaire et de la variété. -> La différenciation repose alors sur l’esthétisation des goûts, développement de la gastronomie française. -> La figure du gros devient un signe de position sociale **3ème phase** -> Abondance alimentaire -> Apparition de la minceur comme signe de distinction **4ème phase** -> Surabondance alimentaire, diffusion des connaissances nutritionnelles -> Développement du modèle esthétique de la minceur -> Idée que la minceur est signe de santé **5ème phase** -> Surabondance alimentaire et [[anomie]] alimentaire, « dérégulation » ou déstructuration -> Intensification de la pression du modèle d’esthétique corporelle de minceur -> [[stigmatisation]] des obèses. #### 3.3 L'obésité une construction sociale Le regard sur l'obésité n'est pas partout dans le monde. La valorisation de l'obésité n'a jamais eu lieu mais celle du surpoids si. Un certain nombres d'individus ont du convaincre les autres que cette situation était vraiment problématique L'obésité considérée comme anormale, déviante, par rapport à la norme. C'est donc une construction sociale L'obésité est perçue comme un problème moral. L'obèse est considéré comme un glouton associal, incapable Dans les sociétés traditionnelles -> 58 cultures traditionnelles, dans 81% des cas, la beauté féminine est une beauté très très ronde.