*** ## Concepts importants #### interrogations prk on est aliénés lorsqu'on regarde un spectacle ? On est aliénés si on est absorbé, si on subit simplement les effets du spectacle et qu'on y réagit juste. Si on est tellement obnubilé qu'on oublie qu'on Est, que ce que l'on nous présente n'est pas la réalité. Si on retire notre esprit critique. #### notions [[spectacle]] Le « spectacle » est à la fois l'appareil de [[propagande]] de l'emprise du capital sur les vies, aussi bien qu'un « rapport social entre des personnes médiatisé par des images » métaphore théâtrale Référence à [[bertolt brech]] (dramaturge allemand) qui a inventé le concept de distanciation Mais ici c'est l'illusion = société toute entière Reprend l'idée de l'[[aliénation]] pour l'étendre à tous les aspects de la vie humaine et sociale. Le spectacle est pensé comme une séparation, une aliénation, de l'individu avec lui-même et ses objets. On retire à l'être humain ses potentialités s'il était hors du spectacle. Aussi marqué par la [[réification]] de [[Georg Lukács]] Sous le [[capitalisme]], toute la vie est aliénée, toute la vie est placée sous la [[domination]] du [[travail]] et de la marchandise. C'est la domination achevée de la domination de la marchandise et de la logique du capital. Tout le monde, à chaque instant, est étranger à lui-même. L'individu en vient à ne plus se penser acteur mais spectateur. "L'individu passe de sujet à objet" Reprend la réification, la chosification du monde. Personne ne peut reconnaître son activité dans ce que l'on produit puisque tout nous échappe. Nous ne pouvons alors que contempler ce que l'on a produit, nous devenons alors passif. (tout ça à cause du salariat, cf réification) Ex : l'ouvrier produit la voiture puis elle lui est retirée et il ne peut que la voir rouler au loin. *L'aliénation est une réification* Les humains ne sont plus que des choses, des objets, (des rouages ?) Lukacs : *la conscience devient ainsi le spectateur entièrement passif du mouvement des choses soumis à des lois* Les êtres humains s'oublient en tant qu'acteurs et ne se vivent plus qu'en spectateur. Le capitalisme devient un fait total qui maintient sa domination sur l'intégralité de la vie sociale. Il aliènait avec le travail mais il avait aussi le potentiel de faire de même avec le reste de la vie : télécommunications et publicité ont permis d'achever ce développement. Le spectacle est partout. [[idéologie matérialisée]] autrement appelée "vision du monde qui s'est objectivée" -> vision du monde qui devient un objet qui se regarde elle-même Le spectacle est pensé comme processus et résultat Chacun est un spectateur du spectacle qui se produit à chaque instant. *"Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes médiatisée par des images"* *"Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annoncent comme une immense accumulation de spectacles"* Tout est spectacle, tout est représentation, tout est aliénation Mais donc au niveau économique, il n'existe plus d'activité qui puisse permettre de faire des choix de vie ou de production. Tout est déjà choisi par le spectacle lui-même, tout ce qui est produit l'est par la logique de marchandisation et de valorisation croissante. Le spectacle c'est *"l'économie se développant pour elle-même"* > mon interprétation à ce stade de la vidéo : > Je pense que l'économie capitaliste doit, non seulement créer des travailleurs qui vont produire des biens et services, mais aussi des spectateurs passifs qui vont consommer ces biens et services. Pour cela, il est nécessaire de leur faire intégrer de + en + de désirs à travers des images (pubs, médias...). Il est nécessaire de réifier l'intégralité de la vie sociale pour que le capitalisme continue de s'étendre. L'aliénation permet alors de séparer l'être humain de lui-même pour q*u'il n'agisse plus mais se fasse agir. à travers les marchandises* Il est la marionnette de son propre spectacle mais a oublié que c'était son spectacle. La liberté n'existe plus car il n'y a pas d'activité consciente pour elle-même. Les activités conscientes sont réalisées pour que l'économie se développe. Debord oppose : - la contemplation aliénée, l'imitation béate, le spectacle - l'activité libre ([[libre travail]]) Mais dans notre société, il n'y a que de la contemplation béate des images et l'activité est totalement aliénée. Tous les rapports entre êtres humains (peu importe leur nature) ne sont pas directs mais passent à travers : - la production et la circulation des marchandises - mise en valeur publicitaire des marchandises - création de désirs, de rôle à jouer de manière stéréotypée Tout ceci poussé par l'idéologie du bonheur atteignable par la consommation. Cela sert à masquer l'aliénation et la vie miséreuse. Les êtres humains ne s'organise pas eux-mêmes, c'est la logique de la marchandise qui le fait pour eux. [[fétichisme de la marchandise]] - [[Karl Marx]], [[Le Capital]] (c'est fétiche au sens de Tintin) *"Les rapports sociaux du travail entre les personnes, sont pris pour des rapports entre les choses mêmes".* Les échanges de travail humain sont pris pour des biens. Le [[capitalisme]] nous fait oublier que le social se trouve en dehors de l'échange, il est présent dès la production. *"Les produits du cerveau humain semblent être des figures autonomes, douées d'une vie propre, entretenant des rapports les unes avec les autres, et avec les humains".* On a l'impression que les marchandises ont leur valeur par elle même (style un diamant vaut cher) alors que c'est les humains qui la leur donne par leur travail. double valeur de l'objet : - valeur d'usage - incarnation d'une coopération sociale Ces marchandises sont le reflet impersonnel et refoulés de rapports personnels et privés Ce fétichisme de la marchandise entraîne logiquement le fétichisme de l'argent. On a tendance à calculer la valeur d'un objet non pas en temps de travail mais en argent. ([[valeur travail]]) > Prk c'est aliéné ? > Parce que ce qui est produit est étranger au producteur (même histoire que l'ouvrier qui fabrique les vis d'une voiture) > Prk il y a fétichisme ? > Parce que la production est pensée comme autonome, ayant une valeur en soi et pouvant se reproduire à travers ses propres spectateurs (les travailleurs). Le producteur produit et devient produit. Produit de désirs, de "besoins" créés par la publicité et le marketing. [[société de consommation]] Les stars, les politiciens, participent d'un monde d'image qui reflètent des vies illusoires. La vie miséreuse est voilée par un rideau doré contenant des images de marchandises et d'humains marchandisés. Ces objets imposent un seul mode de vie légitime heureux et accompli où chacun joue un rôle stéréotypé ex : les stars correspondent globalement aux stéréotypes (de genre, de race, de classe...) et sont montrés comme heureux et accomplis. Les individus ne vivent qu'au travers d'images toute faite, "parfaite" dira-t-on car stéréotypée. Le consommateur réel devient alors consommateur d'illusions. Exemple de l'argent : "équivalent général abstrait de toutes les marchandises". La [[société du spectacle]] ne vit que pour lui, les individus cherchent tous à en acquérir le + possible. La vie heureuse masquant l'aliénation = la vie à travers l'achat de marchandises grâce à l'argent. #### Comment abolir le spectacle ? Abolir l'aliénation et les classes sociales. Mettre l'activité au centre de la société. Donner aux travailleurs les pleins moyens de décisions de la production. #### fausses oppositions de la [[société du spectacle]] opposition archaïques : - entre les jeunes et les adultes (*nulle part n'existe d'adulte* car personne n'est maître de sa vie) spectacle diffus et spectacle concentré Debord rejoint les critiques communistes de l'URSS qui est finalement devenu un [[capitalisme d'État]] capitalisme soviétique = spectacle concentré En effet, les propriétés sont concentrées par et dans la bureaucratie. Les choix sont aussi bcp + restreints. La vedette absolue c'est le chef d'État, toutes les images se concentrent en un seul homme : le bureaucrate suprême. Mais reste du spectacle car la contemplation ne laisse pas de place à l'activité et à la critique. Le spectaculaire diffus C'est le règne du faux choix, du consumérisme "libre". On peut choisir son modèle de voiture. Le social est unifié mais il est divisé par des [[classes sociales pour Marx]]. *Le spectacle unifie le monde dans sa logique mais il est aussi ce qui le divise.* Que faire pour se sortir de ces spectacles ? Debord opposé au [[marxisme]] trop proche du [[déterminisme]] car celui-ci est [[scientisme]] et économiciste. Les marxistes prennent trop de temps à insister sur les dynamiques linéaires de l'histoire et de l'économie, et pas assez à pratiquer la révolution. Debord rejette l'idée d'une théorie d'un développement naturel du capitalisme et l'attente de conditions objectives révolutionnaires mais agir tout de suite tout en restant informé et conscientisé. Pour Debord, la [[conscience de classe]] doit venir du [[prolétariat]] et non pas du [[parti politique]] révolutionnaire. Il privilégie donc le [[communisme]] de conseil. Il rejette l'avant-garde révolutionnaire capable de décider du bon moment pour la révolution pour au final se transformer en bureaucratie, ce n'est pas échapper au spectacle, c'est juste passe du spectacle diffus au spectacle concentré. Debord pense la **bureaucratie** comme une *classe contre-révolutionnaire de l'intérieur*. Le parti devant celui des propriétaires du prolétariat. Debord souhaite donc que le prolétariat s'organise depuis la base à travers des conseils ouvriers pour changer les choses. Les conseils sont les lieux où on peut trouver les vraies solutions aux problèmes de la révolution du prolétariat. C'est le lieu où les conditions objectives de la conscience historique sont réunies. En gros les prolétaires vont pouvoir se forger une conscience de classe. Le conseil ouvrier utilise la communication directe active ce qui fait atténue les [[hiérarchie]]s, les séparations. C'est la véritable négation du spectacle. Débat spontanéisme vs dirigisme Debord privilégie un entre-deux. Il doit y avoir une avant-garde mais celle-ci doit se dissoudre réellement une fois la révolution initiée. Il faut donc éviter l'autoritarisme d'une bureaucratie pseudo-révolutionnaire. Évite deux problèmes : - autoritarisme d'une bureaucratie pseudo-révolutionnaire - prolétariat mal informé aboutissant à l'échec d'une révolte spontanée #### temps et espace du spectacle Comment au sein du [[capitalisme]], on perçoit le temps et l'espace. Le spectacle modifie notre conception du temps historique Dans une perspective marxienne, Debord dit que ce sont les conditions matérielles d'existence qui définissent notre façon de percevoir le monde. Ex : le mode de production agraire rythmé par les saisons, il produit une vision de l'histoire cyclique et répétitif Ex : ceux aux pouvoir Le temps peut paraître plus linéaire, irréversible et non répétitif [[plus-value temporelle]] Le pouvoir s'arroge ainsi le temps historique. Il détient la *propriété privée de l'histoire* Il contemple sa propre histoire aux travers d'aventures et de guerre [[temps du capital]] Avénement de la [[bourgeoisie]] le temps linéaire descend alors dans les [[classes populaires]] Le temps du capital est un temps linéaire, irréversible, qui s'accumule dans toute la société à travers le [[travail]] La bourgeoisie est la première [[classe dominante]] pour qui le travail est une [[valeurs]] = [[valeur travail]] Mais ce temps élimine ce qui est véritablement vécu. Mais la bourgeoisie refuse que la société utilise ce temps. Le prolétaire est une condition nécessaire pour que le temps du capital existe mais il lui est aliéné. *Son temps est celui des marchandises à travers lesquelles il se vit*. Ce temps est un temps consommable un temps pseudo cyclique à travers les cycles : - travail - repos - travail - consommation - travail - vacances - travail - produit du travail Mais ce temps dit de "repos" est juste un autre temps de la marchandise. Pendant que l'on respire avant de reprendre le travail, on consomme et on se vit donc de nouveau à travers des marchandises L'espace aussi est différent. Au travers du [[capitalisme]], il s'est marchandisé, banalisé, uniformisé. L'urbanisme est au service du capitalisme. Il aménage les territoires pour mieux les dominer. Les individus sont isolés les uns des autres, il n'y a plus de rencontres. Les seuls moments où les individus sont ensembles c'est pour consommer ou pour travailler. La révolution devra donc abolir le temps et l'espace spectaculaire. #### Art et révolution Debord s'intéresse à l'art, au langage et à la [[culture]]. Il se replace dans la perspective du situationnisme. La révolution prolétarienne c'est la réappropriation du quotidien, du temps et de l'espace. Il est donc nécessaire de s'intéresser à l'art et la culture. L'art pour se dépasser et ne plus être au service du [[spectacle]], doit se détruire. L'art et la culture doivent devenir critiques. Il faut intégrer l'art à la théorie critique du spectacle. La théorie critique doit développer son propre langage : celui de la contradiction et de la négation du spectacle. Par le négatif, en faisant des introspections, l'individu peut prendre conscience de son aliénation. La classe exploitée peut d'elle-même prendre conscience de sa propre exploitation. Lorsque le spectacle cessera, tout le monde sera artiste. La vie sera création, invention, quotidienne. [[capitalisme d'État]] Situation en URSS où la [[bourgeoisie]] est remplacée par la bureaucratie mais où le [[prolétariat]] continue d'être exploité [[distanciation]] effet ayant pour but de désaliéner le spectateur et lui montrer tous les ressorts de l'[[illusion]] théâtrale pour lui rappeler la [[réalité]] dans ce qui est contemplé. Volonté de faire du spectateur un participant conscient et critique -> un acteur. [[aliénation]] En premier chez [[Friedrich Hegel]] puis chez [[Karl Marx]] Marx décrit le travail aliéné à travers trois dimensions : - dépossession du produit du travail = [[Aliénation du travail]]. Le prolétaire ([[prolétariat]]) ne possède que sa force de travail - Le [[travail]] en soi. Travailleur = aliéné car il travaille pour un autre (la [[bourgeoisie]]) - [[humanisation de l'être humain par le travail]] mais travailleur aliéné devient étranger à l'humanité elle-même Y'a aussi l'idée de la [[Prolétarisation des savoirs]] de [[Bernard Stiegler]]