Source : [[LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET LA FRANCE DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE]]
MOC : [[HISTOIRE]]
AUTEUR : [[Yann Jeantet]] [[Wikipédia]]
DATE : 2024-09-07
***
La collaboration en France est, entre 1940 et 1944, l'action et le travail commun, menés de façon choisie par le [[Régime de Vichy]] dirigé par [[Philippe Pétain]] et notamment mis en œuvre par [[Pierre Laval]], avec l'Allemagne nazie occupant le territoire français.
Elle trouve son origine dans la Convention d’[[armistice]] du 22 juin 1940 qui, dans son article 3, dispose notamment que : « Le Gouvernement français invitera immédiatement toutes les autorités et tous les services administratifs français du territoire occupé à se conformer aux réglementations des autorités militaires allemandes et à collaborer avec ces dernières d'une manière correcte ».
Cette collaboration est officialisée lors du discours radiodiffusé du 30 octobre 1940. [[Philippe Pétain]] y fait part de sa rencontre avec [[Adolf Hitler]], de sa décision d'avoir accepté, en violation de l'engagement interallié du 28 mars 1940, le principe d'une collaboration avec le Troisième [[Reich]], selon des modalités à préciser, et de la responsabilité qu'il en prend devant l'Histoire.
Elle consiste d'une part en une collaboration d'État, annoncée de prime abord sans exclusive avec tous les États voisins, dans sa partie spécifique avec le IIIe [[Reich]].
Cette collaboration consiste aussi, d'autre part, en d'autres formes de collaboration plus informelles auxquelles se livrent des Français en dehors de l'appareil d'État.
On peut distinguer trois sortes de collaboration :
1) la collaboration d'État menée par le [[Régime de Vichy]], mettant notamment la police française au service de l'idéologie nazie dans les rafles de juifs ; on peut également citer la Milice ;
2) les collaborationnistes, d'idéologie fasciste, qui prônent le principe de la collaboration politique et l'entrée en guerre aux côtés de l'Allemagne (Rassemblement national populaire (RNP), Parti populaire français (PPF) ou militaires (LVF) ;
3) la collaboration économique d'industriels et banquiers (patronat français). Collaboration privée volontaire agréée par décrets vichystes : modèle allemand de concentration économique (élaboré par von Schnitzler de IG Farben). Association de capitaux (sociétés mixtes), cartels franco-allemands, spoliation des concurrents sur le marché européen, pillage allemand (compensation) alimenté par l'Office central de répartition des produits industriels (OCRPI). Une partie de cette collaboration privée est aussi considérée comme une collaboration [[technique]] imposée par les vainqueurs.
À la suite de [[Philippe Burrin]], les historiens parlent de « *collaboration au quotidien* » pour désigner un certain nombre de comportements significatifs, mais ne relevant pas de l'[[engagement politique]] actif : rapports personnels cordiaux entretenus avec des Allemands, envoi de lettres de dénonciation à la police ou à la Gestapo (trois à cinq millions de lettres anonymes en France, soit une moyenne de 2 700 lettres par jour, 50 % étant motivées par l'espoir d'une récompense en argent, 40 % relevant de raisons politiques, 10 % de vengeances), chefs d'entreprises sollicitant d'eux-mêmes des commandes de l'ennemi, relations amoureuses affichées avec des soldats de l'armée d'Occupation, voire des membres de la Gestapo, etc...
## Exemples
## Liens