Source : [[En toute puissance]] [[Anarchisme et colonialisme]] MOC : [[PSYCHOLOGIE]] [[SOCIOLOGIE]] AUTEUR : [[Hacking social]] [[Édouard Jourdain]] DATE : 2024-04-22 *** suppose notamment l’autogestion des travailleurs au niveau économique et l’autogouvernement des citoyens au niveau politique Pour l’individu, être autonome signifie *être à l’origine de ses actions, pouvoir choisir, décider, ne pas être contrôlé tel un pion*. Cela ne veut *pas dire être indépendant*, vivre seul : on peut être dépendant d’autrui tout en étant autonome ; par exemple, on peut être dépendant d’autrui pour se nourrir (c’est-à-dire ne pas cultiver sa propre nourriture, et devoir aller en acheter) tout en étant autonome (on choisit ces lieux de vente de nourriture selon nos [[valeurs]], on décide de consommer ceci et pas cela, etc.). Un enfant peut être dépendant de ses parents et pourtant faire des choix autonomes concernant ses activités extra-scolaires ou scolaires, (par exemple en choisissant de développer des compétences pour lesquelles les parents ont de l’indifférence). L’autonomie est à la fois différente et proche de la liberté : [[Scott Rigby]] , qui travaille sur la théorie de l’autodétermination notamment appliquée aux jeux vidéo, explique que ce qu’on nomme liberté désigne souvent une situation où l’individu est objectivement libre (il donne par exemple la situation de retraite, l’individu est ici libre de faire ce qu’il veut de son temps), mais ne ressent pas pour autant le sentiment de choix, n’a pas forcément d’appétit à explorer les possibilités nouvelles. Dans le questionnaire BPNSFP, le besoin d’autonomie est dit satisfait lorsque la personne est en accord avec : « *Mes décisions reflètent ce que je veux vraiment* », « *Mes choix expriment vraiment qui je suis* ». Le besoin d’autonomie est sapé lorsque la personne dans le questionnaire BPNSFP est d’accord avec « *Mes activités quotidiennes ressemblent à un enchaînement d’obligations* », « *Je me sens obligé de faire beaucoup de choses qui ne sont pas de mon choix* ». ## Exemples Dans un jeu vidéo qualifiable d’ouvert, c’est-à-dire où le joueur aurait une grande liberté d’action, celui-ci pourrait ne pas avoir son besoin d’autonomie comblé, ne pas « profiter » de cette liberté (peut-être parce qu’il a acheté ce jeu parce qu’on lui a dit que c’était le meilleur du moment, et qu’au fond, ce n’était pas un choix personnel, qu’il aurait préféré autre chose). Paradoxalement, l’individu peut se sentir « libre » dans une situation plus contraignante (par exemple un jeu vidéo linéaire, où il y a peu de choix et d’actions possibles) : ce ressenti naît du fait que le jeu a été choisi, que son histoire, les actions qui y sont possibles collent à ce qu’il voudrait faire. L’individu ayant son sentiment d’autonomie comblé peut se sentir libre, même dans une situation qui peut apparaître très contraignante, s’il a pu par exemple faire des choix qui s’accordent à ce qu’il aime, ce qui lui semble important, ses [[valeurs]], ses idées, etc. ## Liens